Alors que l’état-major des Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) annonce une nouvelle offensive contre les Forces Démocratiques de Libération du Rwanda (FDLR), les acteurs de la société civile de Lubero émettent des réserves. Si l’initiative est saluée sur le principe, l’identification précise des positions rebelles reste, selon eux, le verrou principal de la réussite de l’opération.
L’annonce a été faite récemment à Kisangani par le Lieutenant-Général Ychaligonza Nduru Jacques, Chef d’état-major général adjoint en charge des opérations et des renseignements : une traque de grande envergure contre les FDLR est lancée, signal fort dans le cadre des engagements régionaux pour la paix dans l’Est du pays.
Pour Muhindo Tafuteni, président de la société civile de Lubero, l’enthousiasme doit céder la place au réalisme du terrain. Selon lui, sans une cartographie actualisée et rigoureuse des positions rebelles, cette offensive risque de rester un « non-événement ».
L’inquiétude repose sur un constat simple : la présence des FDLR n’est plus avérée dans le territoire de Lubero. « Ici, nous ne disposons pas d’une cartographie claire des FDLR. Ils avaient déjà été traqués entre 2014 et 2016 », rappelle Muhindo Tafuteni.
Le curseur de la menace se serait déplacé. Pour les acteurs locaux, mener des opérations à Lubero serait faire fausse route.
La société civile pointe désormais vers le territoire de Rutshuru, notamment dans les profondeurs du Parc National des Virunga. Plus frappant encore, selon Muhindo Tafuteni, ces combattants évolueraient aujourd’hui dans des zones sous influence du M23-AFC.
« Prétendre les traquer à Lubero nous semble peu réaliste », martèle-t-il, appelant les autorités militaires à ajuster leurs renseignements pour frapper là où l’ennemi se trouve réellement.
La neutralisation des FDLR reste un point de friction central dans les discussions entre Kinshasa et Kigali. Pour la RDC, réussir cette traque est crucial afin d’éliminer tout prétexte aux interventions étrangères et de rétablir la stabilité dans le Nord-Kivu.
L’efficacité de cette nouvelle mission, commandée par le Lieutenant-Général Ychaligonza, dépendra donc de la capacité de l’armée à transformer ses annonces en résultats concrets, sur une cartographie validée par les réalités du terrain.
Azarias Mokonzi
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