L’Agence Nationale de l’Électrification et des Services Énergétiques en Milieux Rural et Périurbain (ANSER) a présenté, ce mardi 11 mars, l’état d’avancement de ses projets et ses perspectives d’avenir lors d’une conférence de presse tenue à Kinshasa. L’occasion pour le Directeur Général, Cyprien Musimar, d’affirmer l’engagement de l’ANSER à fournir une électricité accessible et abordable aux zones rurales et périurbaines de la République Démocratique du Congo (RDC).
L’ANSER ambitionne de porter le taux d’accès à l’électricité à 100 % d’ici 2045. « Nous voulons rendre l’électricité disponible, accessible et abordable, en faisant d’elle un vecteur du développement socioéconomique »,a déclaré Cyprien Musimar.
Cet objectif, bien que colossal, repose sur une stratégie qui combine plusieurs sources d’énergie, notamment l’hydroélectricité, le solaire, le soutirage et les kits solaires. Depuis son opérationnalisation en 2020, l’ANSER a lancé un total de 53 projets. Parmi eux, 49 sont actuellement en cours d’exécution, et 22 sont achevés et en attente d’inauguration. L’agence prévoit d’achever le reste avant la fin de 2025, avec une production énergétique estimée à 30 mégawatts (MW), qui bénéficiera à environ 459 330 ménages.
Le défis financier
En 2023, le gouvernement congolais a injecté 28 millions de dollars dans 49 projets d’électrification, un budget modeste comparé à d’autres pays africains comme le Sénégal (513 millions USD), l’Afrique du Sud (1 milliard USD) ou encore le Nigeria (119 millions USD).
Si les ambitions de l’ANSER sont claires, les défis restent nombreux. Le principal obstacle est le financement. L’agence repose actuellement uniquement sur les fonds de l’État congolais, qui doit concilier ses dépenses entre les infrastructures et la sécurité du pays. À cela s’ajoutent des difficultés logistiques, notamment l’accès aux zones enclavées où les routes sont souvent impraticables. « Parfois, un projet estimé à 1 million de dollars voit son coût augmenter en raison des contraintes liées au transport du matériel », a souligné Damien Twambi, coordonnateur de l’ANSER.
Le levier du développement socioéconomique
L’ANSER considère l’électrification comme un levier pour le développement socioéconomique des zones rurales et périurbaines. « Nous ne pourrons résoudre la précarité énergétique qu’avec une approche concertée », a déclaré Cyprien Musimar, appelant ainsi au soutien du secteur privé et des partenaires techniques et financiers.
Un des projets phares en cours est la construction de la centrale hydroélectrique de Mbombo sur la rivière Lulua, dans le Kasaï-Central. Ce projet, réalisé en partenariat public-privé, permettra d’augmenter considérablement l’offre en électricité dans cette région.
Grâce à ses investissements et à sa stratégie, l’ANSER entend révolutionner l’accès à l’électricité en RDC. Avec une capacité de 30 MW prévue d’ici fin 2025, les populations rurales pourront progressivement bénéficier d’un service énergétique fiable et durable. Cependant, pour atteindre son objectif d’électrification universelle d’ici 2045, l’agence devra surmonter ses défis financiers et attirer davantage de partenaires pour soutenir son expansion.
L’ANSER confirme ainsi son rôle de moteur dans l’électrification rurale, tout en s’inscrivant dans la vision du gouvernement congolais de développement à la base à travers le Programme de Développement des 145 Territoires (PDL-145T).
Ézéchiel CTM
En savoir plus sur BETO.CD
Subscribe to get the latest posts sent to your email.
