Dans une correspondance adressée au Procureur Général près la Cour de Cassation, le Ministre de la Justice, Guillaume Ngefa Atondoko Andali, enjoint le parquet d’ouvrir des enquêtes urgentes concernant des faits de corruption, de rançonnage et de détournement de fonds destinés à l’indemnisation des victimes des atrocités illicites de l’Ouganda en RDC.
Selon cette missive consultée mercredi par BETO.CD, le Ministre de la Justice dénonce plusieurs cas d’individus se présentant faussement comme responsables d’associations de victimes des guerres dites de 1, 3 et 6 jours dans la grande orientale. À l’en croire, ces derniers procéderaient à des identifications illégales de victimes dans des zones non reconnues par l’arrêt de la Cour Internationale de Justice (CIJ).
Toujours selon le document, ces opérations se dérouleraient sans aucun mandat du Fonds spécial de Répartition de l’Indemnisation aux Victimes des activités illicites de l’Ouganda (FRIVAO). Plus grave encore, certains mandataires officiels auraient poursuivi ces activités durant la période de suspension du Fonds, sans autorisation préalable.
« Ces agissements compromettent la crédibilité de l’action publique et privent les véritables victimes de leurs droits légitimes », souligne le Ministre dans sa lettre.
Le Ministre Ngefa souligne que ces dérives ne sont pas seulement financières, elles constituent une « source manifeste d’insécurité dans la ville de Kisangani ». Pour lui, ces pratiques sapent les efforts de transparence voulus par le Chef de l’État pour restaurer l’ordre au sein d’un processus d’indemnisation déjà marqué par des interruptions dues à des dérives similaires par le passé.
En vertu de l’article 70 de la Loi organique du 11 avril 2013, le Ministre de la Justice a officiellement demandé au Procureur Général d’établir les responsabilités et de traduire les auteurs de ces actes devant la justice.
Serge SINDANI
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