C’est une prise de parole sans détour qui vient secouer la torpeur diplomatique européenne. L’eurodéputé Thierry Mariani s’en prend frontalement à l’Union européenne, accusée de laxisme et d’indifférence face à la tragédie qui ravage l’est de la République démocratique du Congo (RDC). Dans un message publié ce mercredi, il déplore l’inefficacité des sanctions prises contre le Rwanda, qu’il qualifie de « symboliques », et pointe du doigt la responsabilité directe du président Paul Kagame dans les violences en cours.
« En février, notre Parlement a adopté une résolution sur la crise à l’est de la RDC, pointant très clairement la responsabilité du Rwanda dans ce drame qui dure depuis 30 ans », rappelle Mariani. Pourtant, selon lui, cette initiative est restée lettre morte. Quatre mois plus tard, « M. Kagame et ses milices continuent d’occuper une partie de la RDC, de la piller et d’y massacrer », déplore-t-il avec amertume.
L’élu européen critique également une politique à deux vitesses de l’Union. « Pour la Russie, nous sommes capables d’aller jusqu’à une 18ᵉ vague de sanctions. Pour le Congo, une seule vague de sanctions, qui en réalité, n’a eu aucun effet », fustige-t-il.
Mariani va plus loin, accusant Kigali de mépriser l’Europe et d’agir en toute impunité, profitant à la fois de sa propre arrogance et de la passivité occidentale. « Toute cette ridicule comédie doit cesser, car plus de 100 millions de Congolais nous regardent et attendent que l’Union européenne sanctionne réellement M. Kagame et son entourage, qui sont les principaux responsables de ce massacre », martèle-t-il.
Ce cri d’alarme survient alors que les violences s’intensifient dans le Nord-Kivu, malgré les appels à la paix et les efforts diplomatiques régionaux. Sur le terrain, les morts s’accumulent, les preuves s’amoncellent, mais à Bruxelles, l’indifférence semble gagner du terrain.
Alors que la RDC continue de compter ses morts, cette sortie musclée de Thierry Mariani suffira-t-elle à réveiller les consciences européennes ? Rien n’est moins sûr. Mais une chose est certaine : le silence, lui, devient chaque jour un peu plus complice.
Odon Bakumba
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