Le gouvernement de la République démocratique du Congo a officiellement lancé, mardi 31 mars, le Programme de modernisation des douanes (PMOD), une initiative d’envergure destinée à renforcer le contrôle des flux commerciaux et à lutter contre la fraude.
Adopté à la fin du mois de mars 2026, ce projet structurant prévoit l’intégration de technologies avancées afin d’améliorer l’efficacité et la transparence des opérations douanières sur l’ensemble du territoire.
Selon le ministre des Finances, Doudou Fwamba, la première phase du programme, estimée à 300 millions de dollars américains, sera financée par des prêts bancaires. Elle couvrira notamment l’acquisition d’équipements informatiques, la mise en place d’un système intégré de traitement des déclarations en douane, la formation du personnel ainsi que le déploiement d’outils de détection des fraudes.
« Cette enveloppe devra permettre de doter les services douaniers d’infrastructures modernes et de renforcer leurs capacités opérationnelles », précise le communiqué du ministère des Finances.
Une seconde phase, envisagée sous forme de partenariat public-privé (PPP), devrait consolider les acquis en mettant l’accent sur la gouvernance et la sécurisation des frontières. Ce volet vise à attirer des investisseurs capables de fournir des solutions technologiques, notamment des logiciels spécialisés, des capteurs pour les postes frontaliers, ainsi qu’un accompagnement technique en matière de maintenance et de cybersécurité.
À travers le PMOD, les autorités ambitionnent de réduire significativement les délais de traitement des marchandises, d’accroître les recettes douanières et de limiter les pratiques frauduleuses qui échappent encore largement au contrôle de l’État. Le gouvernement insiste également sur la transparence du processus, annonçant la mise en place de mécanismes d’audit rigoureux pour prévenir toute dérive dans l’exécution du projet.
Cependant, cette initiative suscite des réactions mesurées. Si plusieurs acteurs du secteur privé saluent une réforme attendue de longue date, d’autres appellent à des garanties sur la gestion des fonds et l’accès équitable des entreprises locales aux marchés générés par le programme.
De leur côté, les syndicats des agents des douanes plaident pour une implication accrue dans la mise en œuvre du projet, notamment en ce qui concerne la formation et l’adaptation aux nouvelles procédures, afin d’éviter des perturbations dans les opérations quotidiennes.
Le calendrier officiel prévoit un démarrage rapide des activités administratives, ainsi que l’ouverture de consultations avec les partenaires bancaires chargés du financement initial. Parallèlement, le gouvernement annonce des discussions avec des partenaires internationaux pour bénéficier d’une assistance technique et garantir la conformité du programme aux standards internationaux en matière de sûreté et de facilitation du commerce.
Au-delà des ambitions affichées, la réussite du PMOD reposera sur un facteur déterminant : la capacité des institutions congolaises à piloter efficacement un projet technologique de cette ampleur, à en assurer la maintenance dans la durée et à instaurer une gouvernance rigoureuse pour protéger les recettes publiques et sécuriser les frontières.
Albert Einstein M
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