Le deuxième Forum Global Gateway qui sera tenu les 9 et 10 octobre 2025 à Bruxelles, a ravivé le débat sur la concrétisation du gigantesque plan d’investissement européen annoncé pour l’Afrique. Alors que la stratégie européenne promet depuis 2021 un financement global de 300 milliards d’euros d’ici à 2027 – dont la moitié, soit 150 milliards d’euros, destinés au continent africain – les attentes restent fortes quant à la mise en œuvre effective de ces promesses.
La République démocratique du Congo (RDC), riche de ses ressources minérales stratégiques, espère toujours tirer pleinement profit de cette initiative. Sama Lukonde, le Premier ministre congolais à l’époque, représentant le Chef de l’État, Félix Tshisekedi, avait pris part à ces assises de haut niveau en 2023, porteur d’un message clair : attirer de véritables investisseurs capables de soutenir la transformation locale des minerais critiques nécessaires à la transition énergétique mondiale.
Interrogée par la presse, l’ancienne ministre des Mines, Antoinette N’Samba Kalambayi, avait souligné l’importance de ce partenariat entre l’Union européenne et la RDC.
«Nous sommes venus pour renforcer le partenariat Union européenne – République démocratique du Congo sur les minerais stratégiques. Comme vous le savez, la RDC regorge de pratiquement toutes les substances minérales intervenant dans la transition énergétique. Demain, nous allons signer un protocole d’accord sur la chaîne de valeur des minerais. Nous appelons les investisseurs à nous accompagner dès la phase d’exploration, car elle est le premier maillon essentiel de la chaîne : explorer, exploiter, raffiner, transformer et commercialiser localement. Tel est le but de notre présence ici », avait déclaré la ministre.
Selon le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya Katembwe, le Président de la République tient à repositionner la RDC comme une destination stratégique pour les investissements étrangers, en exploitant pleinement son potentiel agricole, ses vastes ressources naturelles et sa position géographique centrale sur le continent africain.
Pour atteindre cet objectif, avait-il laissé entendre, il est impératif de booster la compétitivité de l’économie du pays en améliorant sa gouvernance par le renforcement du cadre institutionnel. Des réformes profondes sont donc nécessaires. Il s’agit non seulement de poursuivre les efforts d’amélioration du climat des affaires mais aussi de garantir la sécurité des investissements, de renforcer la lutte contre la corruption, et de stabiliser l’Est du pays, une région dont la pacification demeure une condition indispensable pour un développement harmonieux.
À l’en croire, l’initiative du Global Gateway qui vise à renforcer l’offre européenne vis-à-vis des partenaires en finançant des projets dans les pays en développement s’avère une opportunité à capitaliser.
Lancée fin 2021 sous présidence française de l’Union européenne, la stratégie Global Gateway vise à renforcer la coopération économique entre l’Europe et ses partenaires, notamment africains, autour de cinq axes majeurs : le numérique, le climat et l’énergie, les transports, la santé, ainsi que l’éducation et la recherche.
Cette initiative européenne ambitionne de financer des infrastructures durables et de qualité, tout en respectant des normes sociales et environnementales strictes. En Afrique, les projets devraient notamment viser le développement des énergies renouvelables, la modernisation des réseaux de transport, la valorisation des ressources naturelles et le renforcement des systèmes éducatifs et de santé.
Mais sur le terrain, les résultats se font encore attendre. Malgré les annonces ambitieuses, plusieurs États africains s’interrogent sur le rythme réel de décaissement des fonds et la traduction concrète des engagements en projets visibles.
Pour la RDC, l’enjeu est stratégique. Le pays détient plus de 70 % du cobalt mondial et d’importantes réserves de lithium, de cuivre et de coltan — des minerais indispensables à la fabrication des batteries électriques et à la transition énergétique. La participation congolaise au Forum Global Gateway illustre la volonté du gouvernement de rompre avec le modèle d’exportation brute et de bâtir une industrie locale capable de créer de la valeur ajoutée et des emplois.
Alors que l’Europe cherche à sécuriser son approvisionnement en minerais critiques face à la concurrence chinoise, Kinshasa plaide pour un partenariat équilibré et bénéfique pour les deux parties. Le moment semble venu de passer des promesses aux actes.
À quand donc un véritable décaissement des 150 milliards d’euros promis à l’Afrique ?
C’est la question centrale qui demeure au cœur de ce deuxième Forum Global Gateway, organisé du 9 au 10 octobre 2025 à Bruxelles, où l’Afrique, et particulièrement la RDC, aspire à devenir un acteur clé du nouvel ordre énergétique mondial.
Christian Okende
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