Les rebelles du M23 soutenus par le Rwanda ont ouvert depuis la semaine dernière plusieurs fronts contre les Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) et les résistants Wazalendo dans le sterritoires de Lubero et de Walikale, des entités situées dans la province du Nord-Kivu.
Par ces offensives, ces assaillants se sont emparés de plusieurs agglomérations stratégiques qui étaient encore contrôlées par les FARDC. Outre Alimbongo, Matembe, le village de Mambasa situé dans la chefferie de Bamate, Lubero et Buleusa sont également passés sous contrôle des rebelles. Des villages sous occupation rebelles ont pour la plupart été vidés par leurs populations.
« Plusieurs de ces villages sont vidés par leurs populations. Les rebelles se comportent en électron libre. Les éléments FARDC doivent être renforcés dans leur effectif », a indiqué auprès de BETO une source sous couvert d’anonymat.
Mutembo, Lubero, les prochaines cibles ?
Cependant, face à cette avancée rebelle, d’aucuns s’interrogent sur le rôle du ministre de la Défense nationale moins senti par la population dans cette crise. Fabrice Saambili, l’un des observateurs qui veulent savoir ce que fait réellement le ministre de la défense, s’interroge comment les localités stratégiques telles que Matembe et Alimbongo tombent une à une sans réponse militaire adéquate ?
« A ce rythme, Butembo et Lubero pourraient être les prochaines cibles, mettant des millions de vies en péril. Pendant ce temps, notre ministre de la Défense reste confortablement assis dans son bureau climatisé à Kinshasa, loin des réalités du terrain », a-t-il dénoncé.
Pour lui, « l’incompétence du ministre de la Défense », est non seulement flagrante, mais elle constitue une trahison envers les populations abandonnées à leur sort. « Ce ministre semble ignorer que sa mission première est de protéger l’intégrité territoriale et les citoyens de ce pays. Au lieu de mobiliser nos troupes et de fournir les moyens nécessaires à leur déploiement, il préfère se retrancher derrière une diplomatie qui, jusqu’ici, n’a rien produit de concret ».
Le processus de Luanda :« une mascarade » ?
Le processus de Luanda, censé instaurer un cessez-le-feu, s’est révélé être une mascarade qui a surtout servi les intérêts des agresseurs, regrette-t-il. « Un cessez-le-feu dans ces conditions est une farce tragique. Comment négocier avec un agresseur qui, sous le couvert de la diplomatie, continue de conquérir nos terres ? Chaque minute perdue dans ces négociations offre au M23 et à leurs alliés rwandais une opportunité de renforcer leurs positions », déclare Fabrice Saambili.
L’acteur politique dénonce également le silence assourdissant de l’ensemble du gouvernement, qu’il accuse de complicité tacite par son inaction. « Le gouvernement congolais donne l’impression de s’être résigné à l’idée de voir une partie de notre territoire passer sous contrôle étranger. Où est le sursaut national ? Où sont les moyens pour soutenir nos vaillants soldats qui se battent avec des ressources dérisoires? »
Pour Fabrice Saa Mbili, l’heure n’est plus aux discours, mais à l’action immédiate : « Si le ministre de la Défense est incapable de remplir ses fonctions, il doit avoir l’honnêteté de démissionner. La défense nationale ne peut être confiée à des amateurs alors que l’intégrité de notre pays est en jeu. Le peuple congolais mérite mieux que cette incompétence criante et cet abandon manifeste ».
Ce dernier exhorte le Président de la République à prendre ses responsabilités. « Il est temps que la tête de l’État assume son rôle de commandant suprême car la survie de notre nation en dépend. La population en a marre cette légèreté face à l’ennemi ».
Azarias Mokonzi
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