Lors de la traditionnelle cérémonie d’échange de vœux avec le corps diplomatique accrédité en République démocratique du Congo (RDC), tenue ce samedi 18 janvier 2025 au Palais de la Nation à Kinshasa, le président Félix Tshisekedi a abordé plusieurs questions clés, dont celle, particulièrement sensible, de la peine de mort.
Dans son discours, le Chef de l’État congolais a tenu à apaiser les inquiétudes des partenaires internationaux et des défenseurs des droits humains, en affirmant qu’aucune exécution n’avait été menée dans le pays à ce jour, malgré la récente levée du moratoire sur la peine capitale.
« S’agissant de l’épineuse question de la peine de mort, la RDC, en tant qu’État souverain, a clarifié les conditions strictes de son application, limitée uniquement aux cas de terrorisme et de trahison au sein de l’armée », a précisé Félix Tshisekedi. Il a toutefois insisté sur le fait qu’aucune exécution n’a été réalisée jusqu’à présent, témoignant d’un « engagement à faire évoluer cette question dans un cadre réfléchi et respectueux des droits fondamentaux ».
Le président a également souligné l’importance d’une justice forte et équitable pour restaurer l’autorité de l’État: « C’est par la justice que nous renforcerons notre souveraineté, notre dignité et la confiance de nos citoyens et partenaires. »
Félix Tshisekedi a conclu son discours en réaffirmant son engagement en faveur d’une justice exemplaire, qui allie fermeté et respect des droits humains.
La RDC aspire à devenir une « nation où l’impunité n’aura plus sa place, et ce, dans le strict respect des lois nationales et des normes internationales », a-t-il assuré. Depuis le moratoire instauré sous le régime de Joseph Kabila (2001-2019), les condamnations à mort prononcées dans le pays étaient systématiquement commuées en peine de prison à perpétuité.
En mars 2024, le gouvernement congolais, par l’intermédiaire de l’ancienne ministre de la Justice, Rose Mutombo, a annoncé la levée du moratoire sur la peine de mort en vigueur depuis 2003. Cette décision, entérinée dans un contexte de conflits récurrents dans l’Est du pays, notamment avec les rebelles du M23, vise à rétablir l’ordre et à lutter contre l’impunité.
Cependant, elle a également soulevé des préoccupations chez de nombreux partenaires internationaux quant au respect des droits de l’homme dans le pays.
La levée du moratoire vise principalement à sanctionner des crimes graves, tels que la trahison militaire et les actes de « banditisme urbain entraînant mort d’homme ». Ces infractions, considérées comme des menaces directes à la sécurité nationale, justifient selon les autorités le retour à une stricte application de la peine capitale.
Ézéchiel CTM
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