Du 14 au 16 février, environ 10 000 personnes, dont des militaires en déroute à la suite des combats intenses à l’est de la République démocratique du Congo (RDC), ont trouvé refuge au Burundi. Cette information a été confirmée par un communiqué officiel du ministère burundais de l’Intérieur, de la Sécurité publique et du Développement communautaire, daté du lundi 17 février, consulté par Spunit Afrique.
Ces réfugiés, fuyant les affrontements violents qui ravagent l’est de la RDC, ont été regroupés dans les sites d’accueil de Gihanga, dans la province de Bubanza, et de Cibitoke, situés dans le nord-ouest du Burundi. Le ministère a précisé que des opérations d’identification sont en cours pour séparer les civils des militaires, ainsi que les malades et les enfants, afin de faciliter l’assistance humanitaire.
« Cette opération vise à séparer les civils des militaires, ainsi que les malades et les enfants, pour une assistance plus ciblée », a précisé le ministère dans son communiqué.
Cette démarche vise à garantir la sécurité dans les sites d’accueil tout en apportant un soutien adapté aux besoins spécifiques des différentes catégories de personnes déplacées. « Le tri permettra non seulement de maintenir l’ordre public, mais aussi de fournir une aide ciblée et efficace aux plus vulnérables, notamment aux enfants et aux personnes malades », a souligné un responsable local sous couvert d’anonymat.
L’afflux massif de réfugiés au Burundi intervient dans un contexte de crise humanitaire aiguë dans la région des Grands Lacs, exacerbé par les affrontements persistants entre les Forces armées de la RDC (FARDC) et les groupes rebelles actifs à l’est du pays. La situation est d’autant plus critique que des éléments militaires ont également franchi la frontière, soulevant des enjeux sécuritaires complexes pour le Burundi.
Face à cette situation d’urgence, plusieurs organisations humanitaires ont appelé à une mobilisation internationale pour soutenir les efforts du Burundi dans l’accueil et l’assistance aux réfugiés. Des négociations sont en cours pour coordonner l’intervention des agences onusiennes en charge des questions de réfugiés, afin de prévenir une crise humanitaire majeure.
« Le gouvernement burundais reste engagé à respecter ses obligations internationales en matière de protection des réfugiés, tout en veillant à la sécurité nationale », a rappelé le communiqué officiel.
Alors que la situation reste incertaine à l’est de la RDC, l’arrivée continue des déplacés au Burundi pourrait persister dans les jours à venir, accentuant la pression sur les infrastructures locales. Le gouvernement burundais appelle ainsi à une gestion coordonnée de cette crise, en collaboration avec la communauté internationale, pour assurer la sécurité et la dignité des personnes déplacées.
« Nous appelons la communauté internationale à nous soutenir pour gérer cet afflux massif de réfugiés tout en préservant la sécurité nationale », a déclaré le ministère de l’Intérieur.
En dépit des efforts déployés, l’urgence humanitaire demeure palpable, nécessitant des actions rapides et concertées pour éviter une catastrophe humanitaire dans cette région déjà fragilisée par des conflits récurrents.
Azarias Mokonzi
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