Ancien condamné de la Cour Pénale Internationale (CPI), Thomas Lubanga a officialisé la création de sa rébellion dénommée « Convention pour la Révolution Populaire » (CRP) mardi 11 Mars 2025 à Kampala.
Ce mouvement pilitico-molitaire a été créé en complicité avec d’autres leaders politiques et militaires de l’Ituri. Il est soutenu, d’après nos sources, par une branche armée dénommée « Forces pour la Révolution Populaire » (FRP).
Cette rébellion, qui allonge la liste des mouvements insurrectionnels en Ituri, a été formée pour restaurer la sécurité et répondre à l’instabilité et au chaos persistant dans la province de l’Ituri. Les membres fondateurs de cette rébellion ont estimé qu’une révolution populaire est la seule solution pour rétablir la sécurité et l’ordre dans la région.
Le double jeu de l’Ouganda
La création d’une nouvelle rébellion sur le territoire Ougandais suscite des interrogations. Alors que Kinshasa et Kampala entretiennent de bons rapports politiques et militaires, la sincérité de l’Ouganda a toujours été douteuse. Reconnue pour son implication dans la crise sécuritaire en Ituri, Kampala assiste à une récréation d’un groupe armé sur son territoire sans faire une moindre réaction. Cette attitude est aperçue par le chercheur en gouvernance et sécurité, Jimmy Kioma, comme « un aveu tacite du soutien de l’Ouganda à cette rébellion malgré des accords militaires entre la RDC et l’Ouganda. »
D’après lui, cette situation risque de renforcer le pillage des ressources naturelles en Ituri, dont est bénéficiaire l’Ouganda. « L’Ouganda veut amplifier le conflit en Ituri, pour y soutirer la grande part. Vous êtes sans ignorer que notre or, passe par l’Ouganda y compris même le bois. Cette mafia est bénéfique à l’Ouganda et ce n’est pas pour rien qu’on veut nous laisser à genoux. On veut nous laisser à genoux, parce que l’on veut nous prendre tout ce qui nous appartient. On veut nous imposer une politique de chao. Ces mêmes gens qui nous mettent en genoux, sont les mêmes qui veulent résoudre nos problèmes et c’est paradoxale. L’or de l’Ituri passe par l’Ouganda, mais exploité dans le contexte du sang. La rébellion qui est créée, vient faire répétée l’histoire », a-t-il déclaré.
Le chercheur français Pierre Jacquemot explique, dans une étude publiée sur le conflit en République démocratique du Congo la semaine dernière, comment l’Ouganda s’enrichit frauduleusement de l’exploitation de l’or en République démocratique du Congo. L’étude évoque également le cas d’autres pays, tels que le Rwanda, qui est le plus connu dans cette exploitation illicite en RDC.
Dans son étude, Pierre Jacquemot se base sur une étude de Swissaid menée en 2024, où il révèle que l’Ouganda renforce son économie à travers une exploitation illicite de l’or en RDC. En 2023, par exemple, l’Ouganda a effectué cinq exportations d’or sur le marché mondial et a battu un record de 2,7 milliards USD.
Le chercheur Jimmy Kioma, précise que pour mettre terme à ce phénomène, la RDC doit se doter d’un outil de défense efficace pour empêcher cette théâtralisation sur le territoire congolais.
Le mouvement, qui regroupe plusieurs groupes armés tels que Zaïre, CODECO, Chini Ya Tuna, UPB, ALPC et FPIC, se positionne désormais comme une force déterminée à « prendre leur destinée en main ». L’annonce de cette formation a suscité des inquiétudes parmi la population locale, avec des craintes sur une possible escalade de la violence. Cependant, le porte-parole de l’armée en Ituri n’a pas souhaité commenter cette évolution, laissant planer une incertitude sur la réaction des autorités militaires face à cette nouvelle dynamique.
Azarias Mokonzi
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