Le président de la République démocratique du Congo, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, a annoncé le lancement d’une mobilisation nationale et internationale en vue de la reconnaissance du « GENOCOST », le génocide à motivation économique perpétré dans l’Est du pays depuis trois décennies.
Cette annonce intervient à la veille de l’ouverture, le 29 juillet 2025 à Kinshasa, d’un colloque international consacré à la reconnaissance des crimes de masse commis en RDC. « Le président de la République a noté qu’un colloque international s’ouvre ce 29 juillet à Kinshasa sur la reconnaissance du génocide commis en RDC, avec la présentation d’un argumentaire documenté à l’appui », a déclaré Patrick Muyaya, porte-parole du gouvernement, à l’issue du Conseil des ministres du 25 juillet.
À travers cet événement, le chef de l’État entend internationaliser le combat pour la reconnaissance des atrocités perpétrées sur le sol congolais par des armées étrangères et leurs supplétifs, dans un contexte de pillage massif des ressources naturelles.
Depuis sa déclaration solennelle du 31 mars dernier lors de la table ronde nationale sur le GENOCOST, Félix Tshisekedi a multiplié les initiatives symboliques et politiques. En compagnie de la première dame Denise Nyakeru, il avait notamment visité une exposition retraçant les massacres documentés de Makobola, Lubero, Bukavu, Kishishe, et bien d’autres localités marquées par l’horreur.
Le bilan humain est effrayant : 10 millions de morts, 6 millions de déplacés internes, 27 millions de personnes en situation critique, ainsi que plus de 200 fosses communes recensées dans la région du Grand Kivu, selon les données présentées par les organisateurs.
Pour donner un cadre concret à ce combat mémoriel, le président Tshisekedi a annoncé la création d’un groupe d’experts chargés d’évaluer les pertes humaines et économiques liées à ces crimes de masse, dans une logique de justice réparatrice et de documentation rigoureuse.
Le gouvernement, sous la coordination de la Première ministre Judith Suminwa, a reçu mandat d’organiser une mobilisation nationale et diplomatique autour du 03 août, date officielle de commémoration du GENOCOST, à travers toutes les provinces et ambassades. Objectif : instaurer des espaces de mémoire, de dialogue et de paix.
Le chef de l’État envisage également de porter ce plaidoyer devant les grandes tribunes internationales, notamment la 60e session du Conseil des droits de l’homme de l’ONU et la 80e Assemblée générale des Nations unies.
Le ministre des Droits humains a été chargé, en partenariat avec le FONAREV (Fonds national de réparation des victimes) et une mission diplomatique dédiée, de concevoir une stratégie globale et progressive pour fédérer toutes les forces vives de la nation et de la diaspora autour de cette cause.
Selon les responsables du CIA-VAR (Centre d’interprétation et d’archivage des violations attribuées au Rwanda) et du FONAREV, cette démarche vise à « promouvoir une culture de paix » en ancrant la mémoire collective dans un langage de vérité, de justice et de dignité.
C. Timothée Ézéchiel
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