C’est une séquence diplomatique de haute volée qui se joue actuellement dans l’Est de la République démocratique du Congo. Présente à Goma depuis le jeudi 12 février, Viviane Van Pierre, représentante spéciale du Secrétaire général de l’ONU en RDC, a entamé une série de consultations décisives pour l’avenir de la région.
Ce vendredi, la Cheffe de la MONUSCO a rencontré les hauts cadres de la rébellion de l’AFC-M23. L’objectif est de transformer les promesses diplomatiques en réalités tangibles sur le terrain. Les échanges ont porté spécifiquement sur le mécanisme de suivi et de vérification du cessez-le-feu, pilier central de l’accord signé récemment à Doha entre Kinshasa et le mouvement rebelle.
« Il est essentiel que les engagements pris dans cet accord se traduisent rapidement par des dispositions opérationnelles claires, crédibles et vérifiables sur le terrain, conformément à la résolution 2808 du Conseil de sécurité de l’ONU », a martelé Viviane Van Pierre à l’issue de la rencontre.
Dans ce processus fragile, la mission onusienne se positionne comme la cheville ouvrière de la vérification.
Forte de son mandat, la MONUSCO a réitéré son soutien total à un cessez-le-feu permanent. Elle s’engage non seulement à participer activement au mécanisme de suivi, mais aussi à apporter tout l’appui technique nécessaire pour éviter tout dérapage qui pourrait fragiliser la trêve.
Du côté de la rébellion, le message se veut serein mais ferme sur les cadres de négociation. Benjamin Mbonipa, secrétaire exécutif de l’AFC-M23, a réaffirmé l’attachement de son mouvement au processus de Doha, tout en marquant une certaine distance vis-à-vis des autres médiations.
« Nous n’avons pas été informés d’un cessez-le-feu décrété par l’Angola, mais nous sommes toujours respectueux de ce qui s’est fait à Doha et nous assumons toutes les responsabilités sur ce processus », a-t-il déclaré.
Au-delà des discussions militaires et politiques, un signe de normalisation semble poindre à l’horizon. La Cheffe de la MONUSCO a salué la reprise des activités aéroportuaires à Goma. Selon elle, la réouverture de ce hub stratégique constitue un « signal important » qui devrait contribuer à renforcer la confiance mutuelle entre les belligérants et soulager les populations civiles.
Alors que les regards sont tournés vers les zones de front, cette rencontre à Goma marque peut-être le début d’une désescalade tant attendue, à condition que le mécanisme de vérification devienne rapidement opérationnel.
Azarias Mokonzi
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