Dans ce document, l’organisation évoque des meurtres de civils, des violences sexuelles, des enlèvements ainsi que des recrutements forcés commis durant cette période. Selon le rapport, les combattants du M23 et les forces rwandaises auraient mené de véritables opérations de « porte-à-porte » visant principalement des hommes et des garçons accusés d’être liés aux groupes Wazalendo.
« Après avoir pris le contrôle d’Uvira, les combattants du M23 et les forces rwandaises sont allés de porte en porte pour tuer sommairement des hommes et des garçons et ont commis des viols et des enlèvements », a déclaré Philippe Bolopion. Il estime également que les abus documentés pourraient ne représenter qu’une partie des crimes commis. « Human Rights Watch a documenté de nombreux abus horribles, mais n’a peut-être qu’effleuré la surface. Des enquêtes pénales, notamment par la Cour pénale internationale, sont nécessaires pour garantir que ces crimes ne restent pas impunis », a-t-il ajouté.
Cette enquête, présentée comme la première investigation de terrain sur les exactions commises à Uvira durant l’occupation du M23 et des forces rwandaises, repose sur plus de 120 entretiens réalisés entre mars et avril 2026.
L’ONG affirme avoir transmis ses conclusions préliminaires au gouvernement rwandais ainsi qu’à Bertrand Bisimwa, sans obtenir de réponse.
Le rapport rappelle également que le 2 mars dernier, les États-Unis ont imposé des sanctions à des responsables de l’armée rwandaise pour leur implication présumée dans la prise et l’occupation d’Uvira.
Selon Human Rights Watch, plusieurs civils ont été tués ou blessés alors qu’ils tentaient de fuir les combats. L’organisation rapporte notamment le témoignage d’un homme ayant vu quatre membres de sa famille abattus lors de leur fuite le 10 décembre.
« C’était le chaos. Nous avions de petits sacs que nous avons jetés et nous avons couru. Je n’ai pas été touché, alors j’ai simplement couru vers le lac. J’ai vu mon frère, sa femme et deux de ses enfants tomber », a-t-il raconté.
Le rapport fait état d’au moins 53 exécutions sommaires de civils attribuées au M23 et aux forces rwandaises, la majorité ayant été commises le 10 décembre lors des opérations de ratissage menées dans plusieurs quartiers de la ville.
Human Rights Watch documente également huit cas de viols commis contre des femmes à Uvira et dans ses environs. Les survivantes dénoncent l’absence quasi totale de services de santé accessibles pendant l’occupation, notamment le manque de traitements prophylactiques post-exposition (PEP) pour prévenir la transmission du VIH, ainsi que l’insuffisance des soins pour les blessures et infections liées aux violences sexuelles.
Par ailleurs, le rapport accuse le M23 d’avoir procédé à des recrutements forcés de civils. Dans au moins 12 cas documentés, les familles restent sans nouvelles des personnes enrôlées de force.
Face à ces accusations, Human Rights Watch appelle les autorités congolaises et rwandaises, avec l’appui de la communauté internationale, à garantir que les auteurs présumés de ces abus rendent compte de leurs actes devant la justice.
Azarias Mokonzi
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