À l’occasion de la 18e édition de la conférence « e-Learning Africa » à Dar es Salaam, la République démocratique du Congo a réaffirmé sa volonté d’accélérer la digitalisation de son système éducatif. Présente sur place, la ministre de l’Éducation nationale, Raïssa Malu, a défendu une vision ambitieuse fondée sur l’intelligence artificielle, la mutualisation des expériences africaines et le développement de l’enseignement à distance.
La République démocratique du Congo (RDC) a pris part à la conférence internationale « e-Learning Africa », tenue à Dar es Salaam, en Tanzanie. C’est la Ministre d’État, Ministre de l’Éducation nationale et Nouvelle Citoyenneté (EDU-NC), Raïssa Malu, qui a représenté le pays à ce rendez-vous africain autour du thème : « Construire la transformation numérique dans l’éducation ».
C’est un atelier destiné à faire émerger des feuilles de route concrètes en matière de digitalisation des systèmes éducatifs africains, selon une dépêche de la cellule de communication du ministère de l’éducation nationale parvenue ce samedi 10 juin à BETO.CD.
La RDC s’appuie sur l’enseignement à distance pour surmonter ses défis
La participation de la RDC, à travers la présence de la Ministre Raïssa Malu, s’inscrit dans le cadre de la récente signature d’un arrêté ministériel organisant l’enseignement à distance (EAD) dans le système éducatif congolais. Cela offre l’opportunité d’apprendre des expériences d’autres pays africains en matière d’intégration du numérique dans l’éducation.
Pour la Ministre d’État, la présence congolaise à ce forum continental, qui en est à sa 18e édition, était à la fois nécessaire et porteuse d’espoir. À l’en croire, la technologie, notamment l’intelligence artificielle, est un moyen essentiel pour accélérer l’amélioration de la qualité de l’enseignement en RDC, face aux défis de construction rapide d’écoles et de formation des enseignants.
L’intelligence artificielle au cœur des réformes éducatives
« C’était important que la République démocratique du Congo soit représentée à e-Learning Africa. Nous faisons énormément d’efforts pour développer l’enseignement à distance. […] Nous avons testé, avant de signer l’arrêté, des ‘twitters virtuels’ en utilisant l’intelligence artificielle (IA). Cela montre que, grâce aux technologies disponibles aujourd’hui, on peut accélérer la qualité de la formation », a affirmé Raïssa Malu.
La ministre a insisté sur les limites structurelles de l’éducation en RDC — le manque d’infrastructures scolaires et d’enseignants — qui justifient le recours massif à la technologie comme levier de transformation. « Nous n’avons pas la capacité de construire aussi vite des écoles ni de former suffisamment d’enseignants. La technologie est donc notre meilleur moyen pour accélérer l’amélioration du système éducatif », a-t-elle expliqué.
Des projets pilotes portés par les provinces et les partenaires
La ministre Malu a fait savoir que les défis structurels sont considérables : manque d’infrastructures scolaires et déficit en personnel enseignant qualifié. Elle a rappelé que la technologie est perçue par son ministère comme le levier le plus efficace pour rattraper les retards et démocratiser l’accès à une éducation de qualité.
La délégation congolaise a également profité de cet événement pour partager ses expériences et tirer des enseignements des pratiques innovantes d’autres pays. Raïssa Malu s’est réjouie d’y retrouver les responsables éducatifs du Haut-Katanga et du Kasaï Oriental, engagés grâce au soutien d’Enabel, la coopération belge, dans des projets pilotes de formation à distance pour les enseignants du primaire.
Ces initiatives locales pourraient bientôt servir de base à une généralisation nationale, tant au niveau du primaire que du secondaire, en s’appuyant sur les réseaux d’écoles de proximité déjà existants.
Une vision panafricaine et collaborative de l’éducation
Au-delà de la dimension technologique, la ministre a mis en avant une vision panafricaine de l’éducation. « Une des leçons que nous apprenons de la Tanzanie, c’est l’esprit Afrique. On ne peut pas résoudre notre problème, en l’occurrence celui de l’éducation, en restant dans une zone fermée. Il est important de développer des partenariats avec nos voisins », a-t-elle déclaré, insistant sur l’importance de construire des synergies régionales pour accélérer le développement des systèmes éducatifs.
Des recommandations concrètes pour un modèle d’école numérique inclusif
L’atelier de Dar es Salaam a permis aux participants de plancher sur six axes, allant de la définition d’un paysage stratégique pour l’Afrique à la formation des enseignants, en passant par le développement d’un modèle hybride d’école numérique. Ces réflexions, nourries par des cas concrets et les meilleures pratiques internationales, visent à formuler des recommandations applicables à grande échelle, notamment dans les communautés les plus défavorisées.
Objectif : intégrer la dynamique de l’École numérique à grande échelle
Aujourd’hui, 20 pays sur quatre continents collaborent avec l’initiative École numérique, qui touche plus de 500 000 bénéficiaires. Un chiffre que la RDC, engagée dans sa propre transformation numérique éducative, espère bientôt rejoindre de manière significative.
Pour Raïssa Malu, cette ambition passe par l’action concertée, la mutualisation des expériences et l’audace d’innover. « Il est temps de mettre en place des partenariats gagnants et de nouvelles synergies pour développer rapidement nos pays africains », a-t-elle conclu.
Ézéchiel CTM
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