La session ordinaire de l’Examen d’État 2025 s’est ouverte ce lundi sur toute l’étendue du territoire national. Un moment décisif pour plus d’un million d’élèves finalistes du cycle secondaire, dont l’avenir académique ou professionnel dépend de l’obtention du précieux diplôme d’État.
Selon les chiffres communiqués par le ministère de l’Éducation nationale, 1 073 769 candidats prennent part à cette édition. Comme le veut la tradition, les épreuves s’étendent sur quatre jours, avec un calendrier bien établi : culture générale le premier jour, sciences le deuxième, options spécifiques le troisième, et langues le quatrième.
Mais si l’ambiance est studieuse dans plusieurs provinces du pays, la situation reste préoccupante en Ituri, où l’insécurité liée aux violences armées compromet sérieusement le bon déroulement des épreuves dans certaines zones.
Dans cette province de l’est du pays, théâtre récurrent de conflits armés, près de 18 900 élèves sont inscrits à l’Examen d’État cette année, répartis dans 55 centres. Malgré les efforts de l’administration scolaire locale, des ajustements logistiques ont été nécessaires pour garantir la sécurité des candidats. « À l’exception d’un centre situé à Djugu, que nous avons délocalisé vers Bunia pour des raisons sécuritaires, tous les autres sites sont opérationnels », a déclaré Yvon Muke, directeur provincial de l’Éducation en Ituri 1.
Le centre de Djugu n’est pas un cas isolé. À Nizi, où une attaque meurtrière attribuée à la milice CODECO a causé la mort d’une dizaine de personnes il y a une semaine, les autorités ont également été contraintes de regrouper les élèves de Nizi, Iga Barrière et Lopa à Bunia. Cette relocalisation d’urgence vise à assurer la continuité des épreuves dans des conditions plus sûres.
À Komanda, touchée la veille de la session par une attaque du groupe armé ADF, le centre d’examen reste néanmoins fonctionnel. Le gouvernement, conscient des risques, y a déployé des mesures de sécurité renforcées. En parallèle, les chefs de centres, en lien avec les autorités éducatives, redoublent d’efforts pour soutenir psychologiquement les élèves, dont beaucoup ont été confrontés aux horreurs du conflit.
Malgré ces dispositifs, plusieurs difficultés demeurent. Le déplacement massif de populations a entraîné une déscolarisation partielle dans certaines zones. De nombreux élèves éprouvent des difficultés à rejoindre leurs centres d’examen, notamment ceux situés dans des zones enclavées ou instables. À cela s’ajoute la fragilité psychologique de candidats exposés quotidiennement à la peur et à l’insécurité.
Cette session 2025 de l’Examen d’État apparaît ainsi comme un véritable test de résilience, autant pour les élèves que pour le système éducatif congolais. Elle met en lumière les défis structurels et sécuritaires que continue de rencontrer la République démocratique du Congo, tout en soulignant l’engagement des enseignants, des parents et des autorités à maintenir le cap vers un avenir meilleur pour la jeunesse.
Gilbert N.
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