Dans la province de l’Ituri, le système éducatif de la chefferie de Walese-Vonkutu est secoué par de graves irrégularités. Une enquête de terrain menée par l’ONG de défense des droits humains COARDHO met en lumière un phénomène d’absentéisme prolongé touchant plusieurs enseignants, tout en continuant de percevoir leurs salaires de l’État.
Selon les conclusions de ce monitoring, de nombreux enseignants ont abandonné leurs postes depuis plusieurs mois, sans notification officielle ni mécanisme de remplacement effectif. Ces absences prolongées ne seraient pas dues à des congés autorisés, mais plutôt à des déplacements vers des zones jugées plus sûres ou plus urbaines, notamment Mambasa, Beni, Komanda et Bunia.
Malgré leur absence prolongée des salles de classe, ces enseignants figurent toujours sur les listes de paie et continuent de percevoir régulièrement leurs rémunérations, alimentant ainsi des soupçons de gestion défaillante des effectifs.
Pour la COARDHO, cette situation ne pourrait perdurer sans une forme de complaisance au sein de la chaîne administrative. L’organisation pointe notamment du doigt une supposée protection dont bénéficieraient certains enseignants de la part de responsables d’établissements scolaires.
Face à ce qu’elle qualifie de « sabotage de l’avenir de la jeunesse », la société civile appelle les autorités éducatives provinciales à procéder sans délai au remplacement des enseignants absents par un personnel réellement opérationnel. Elle exige également l’ouverture de sanctions disciplinaires et administratives contre les chefs d’établissements impliqués dans la couverture de ces pratiques frauduleuses.
Dans un contexte où l’éducation demeure un droit fondamental, les défenseurs des droits humains alertent sur les conséquences directes de ces dysfonctionnements. Plusieurs centaines d’enfants de Walese-Vonkutu seraient ainsi privés d’un encadrement scolaire adéquat, compromettant sérieusement leur avenir scolaire.
Interrogé sur la situation, Agnozo Omari n’a pas contesté l’ampleur des irrégularités. Il a reconnu la réalité du problème et s’est associé aux appels de la société civile, invitant les autorités compétentes à agir rapidement afin de mettre fin à la prise en charge de personnels effectivement absents de leurs postes.
Azarias Mokonzi
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