La ministre de l’Enseignement supérieur, universitaire, Recherche scientifique et Innovations, Marie Sombo-Thérèse Sombo, a plaidé pour une révision de la Constitution congolaise afin de l’adapter aux nouveaux défis liés à la science, à l’éducation et à l’innovation. Elle s’exprimait lors de l’ouverture du premier Congrès d’études congolaises organisé à Mbuji-Mayi autour du thème : « Demain le Congo du troisième millénaire : conscience historique, gouvernance des savoirs et devenir national ».
Devant les autorités politiques, les chercheurs, les universitaires et les étudiants, la ministre a estimé que la République démocratique du Congo traverse une « séquence historique » marquée par deux avancées majeures : la ratification par le Sénat de la Convention de l’UNESCO sur la reconnaissance des qualifications de l’enseignement supérieur et l’accord stratégique RDC–États-Unis signé en décembre 2025 dans les domaines de l’éducation, de la science et de l’innovation.
Selon elle, ces nouvelles dynamiques internationales exigent une adaptation du cadre institutionnel congolais. « Pourquoi pas réviser aussi notre Constitution pour le Congo du troisième millénaire ? », a-t-elle interrogé au cours de son allocution.
Marie Sombo a expliqué que la Constitution actuelle ne met pas suffisamment en avant le rôle stratégique du savoir, de la recherche scientifique et des universités dans le développement du pays. Elle a notamment regretté que la loi fondamentale ne garantisse pas explicitement la mobilité académique, l’autonomie des établissements universitaires ou encore un financement durable du secteur.
Pour la ministre, le Congo de demain doit inscrire ces priorités au sommet de son ordre juridique. Elle a ainsi appelé à une Constitution qui affirme clairement l’investissement de la République dans la science, la protection de la liberté académique et le rôle de l’université dans la souveraineté nationale.
« Réviser la Constitution, ce n’est pas effacer l’histoire. C’est écrire la condition juridique du devenir national », a-t-elle soutenu, avant d’assurer que cette réflexion devrait associer les universités, les enseignants, les étudiants et les acteurs sociaux.
Au-delà du débat constitutionnel, la ministre de l’ESURSI a également insisté sur la nécessité de bâtir une gouvernance des savoirs fondée sur trois axes : une université plus exigeante et utile aux besoins nationaux, une recherche orientée vers la transformation du pays, ainsi qu’une gouvernance académique plus transparente et ouverte.
Elle a enfin rappelé que le Président de la République, Félix Tshisekedi, a placé la réforme de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique parmi les piliers de la refondation nationale, notamment à travers la promotion de la recherche, la numérisation des établissements et le renforcement de la coopération scientifique.
Odon Bakumba
En savoir plus sur BETO.CD
Subscribe to get the latest posts sent to your email.
