L’Organisation européenne de droit public (EPLO), par l’intermédiaire de sa Mission permanente d’observation auprès des Nations Unies, a organisé un événement international majeur intitulé « Le Soudan en crise : des voix sous les décombres pour la justice et la paix », dans le cadre de la 59e session du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies.
Ce forum d’exception visait à alerter la communauté internationale sur l’aggravation dramatique de la crise humanitaire et politique au Soudan — aujourd’hui considérée comme l’une des pires catastrophes contemporaines en termes de souffrances humaines. Des millions de civils déplacés, des milliers de morts, une économie en ruine : le pays s’enfonce dans un chaos sans précédent, tandis que la réponse internationale reste largement insuffisante.
Le panel d’experts et de diplomates de haut niveau a dressé un tableau sombre de la situation : plus de 150 000 morts depuis le début du conflit opposant les Forces armées soudanaises (SAF) aux Forces de soutien rapide (RSF), près de 13 millions de déplacés internes et externes, et plus de 30 millions de personnes nécessitant une aide humanitaire d’urgence. Dans ce contexte, l’économie soudanaise s’est effondrée, laissant les grandes villes en ruine.
Les intervenants ont également évoqué les sanctions récemment imposées par les États-Unis à l’armée soudanaise, à la suite de rapports crédibles faisant état de l’utilisation d’armes chimiques dans certaines zones de conflit.
Un appel pressant à la communauté internationale
Les participants ont souligné l’urgence d’un cessez-le-feu et d’un engagement collectif pour mettre fin à une guerre que « ni l’une ni l’autre des parties ne peut véritablement gagner ». Selon eux, la communauté internationale doit assumer ses responsabilités en imposant des conditions de négociation, en renforçant la pression diplomatique et en mobilisant l’aide humanitaire.
Malgré les nombreuses tentatives de médiation, les pourparlers entre les SAF et les RSF n’ont jamais abouti. L’armée, selon les experts présents, refuse toute issue politique, s’est retirée de plusieurs cycles de négociations et s’est repliée à Port-Soudan, freinant tout processus de transition vers un pouvoir civil.
« L’armée soudanaise ne propose aucune vision politique, rejette systématiquement le dialogue, refuse un gouvernement civil et continue de croire en une victoire militaire », ont déploré plusieurs intervenants, dénonçant une volonté manifeste de se maintenir au pouvoir au détriment de la paix.
Des voix engagées pour la justice et la paix
Présidé par l’ambassadeur George Papadatos, chef de mission de l’EPLO à Genève, l’événement a réuni des voix engagées du monde humanitaire et diplomatique, notamment :
Dr Victor Digbal de Médecins Sans Frontières,
Mme Mona Rishmawi, membre de la Mission internationale indépendante d’établissement des faits des Nations Unies pour le Soudan,
Dr Ezzeddine Zayani, président du Centre tunisien d’études approfondies de sécurité et ancien ambassadeur de Tunisie auprès de l’Union africaine.
Tous ont insisté sur l’effondrement quasi total des institutions étatiques au Soudan, l’apparition de signes avant-coureurs de famine de grande ampleur, et les violations massives des droits humains, notamment via l’utilisation d’armes prohibées par le droit international.
En toile de fond de cet événement : un appel clair, sans ambiguïté, à une mobilisation urgente, coordonnée et efficace de la communauté internationale. Car selon les experts, sans pression extérieure accrue, sans médiation crédible et sans volonté politique sincère, le Soudan risque de sombrer dans un conflit prolongé aux conséquences régionales dévastatrices.
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