Le mouvement citoyen LUCHA — Lutte pour le Changement — a lancé jeudi un appel vibrant à la communauté nationale et internationale suite à l’arrestation et à la détention de deux de ses membres clés à Kisangani, capitale de la province de la Tshopo.
Dans un communiqué de presse parvenu à BETO.CD, LUCHA dénonce une « instrumentalisation de la justice » et une « dérive autoritaire » orchestrée, selon elle, par le gouverneur de province, Monsieur Paulin Lendongolia, en représailles à leurs actions pacifiques de dénonciation de la mauvaise gouvernance.
Deux militants arrêtés en l’espace de 48 heures
Le 1er octobre 2025, le militant Jedidia Mabela a été arrêté, interrogé au parquet général, puis transféré à la prison centrale. Il a été immédiatement déféré en procédure de flagrance devant le Tribunal de paix Kisangani/Makiso, sous les accusations d’imputations dommageables et de propagation de faux bruits. La LUCHA qualifie ces charges de « fallacieuses » et « montées de toutes pièces ».
La situation a pris une tournure plus inquiétante le 2 octobre 2025 avec l’enlèvement de Zacharie Kingombe par six hommes armés. À ce jour, le mouvement citoyen affirme n’avoir reçu aucune information sur le lieu de sa détention ni les motifs de son interpellation, ce qui fait craindre pour sa sécurité.
Par ailleurs, la LUCHA alerte sur le fait que plusieurs autres militants sont désormais contraints de vivre cachés, redoutant une vague d’arrestations arbitraires visant à museler toute voix critique dans la province.
Ces arrestations surviennent quelques jours seulement après la participation active de Jedidia Mabela et Zackarie Kingombe à un sit-in pacifique organisé le 30 septembre 2025 devant l’Assemblée provinciale de la Tshopo. L’objectif de ce rassemblement était de dénoncer l’opacité et la mauvaise gestion des ressources publiques par le gouvernement provincial et d’exiger un contrôle parlementaire rigoureux.
La LUCHA rappelle que cette manifestation pacifique a été brutalement réprimée, faisant plusieurs blessés, dont un cas grave. Pour LUCHA, l’arrestation de ses membres est une riposte directe à leur engagement en faveur de la transparence et de la responsabilité.
Le mouvement citoyen critique vivement la gestion du gouverneur Paulin Lendongolia, déplorant que les ressources publiques soient dépensées « dans l’opacité la plus totale » et « au service d’intérêts sans impact réel » sur la vie des citoyens.
L’exemple du financement du double concert festif de l’artiste Rebo Chulo en août dernier est cité comme un cas « révoltant ». Pour la LUCHA, le choix d’allouer des fonds à un tel événement, alors que la province souffre d’un manque criant d’électricité, d’eau potable et de routes, dénote d’un « manque criant de priorité et d’éthique » de la part de l’exécutif provincial.
« Cette dérive autoritaire est honteuse, illégale et intolérable, » martèle la LUCHA, qui exige la libération immédiate et sans condition de Jedidia Mabela et Zackarie Kingombe, ainsi que l’arrêt de la « traque » contre tous les militants et citoyens engagés. LUCHA adresse ainsi un appel solennel au Président Félix Tshisekedi et à son gouvernement.
« L’ ‘État de droit ne doit pas rester un slogan creux. Dans une démocratie véritable, dénoncer pacifiquement la mauvaise gouvernance dans la province de la Tshopo ne peut en aucun cas être assimilé à un crime. », conclut-elle.
Serge SINDANI
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