Une correspondance signée par la Directrice générale adjointe de la société publique des Transports au Congo (TRANSCO), Kabedi Odra Solange, adressée à son supérieur hiérarchique, le Directeur général intérimaire, met en lumière de graves dysfonctionnements internes au sein de cette entreprise stratégique du transport public.
Dans cette lettre datée du 10 octobre 2025, également transmise au Vice-Premier ministre, ministre des Transports, des Voies de communication et du Désenclavement, Kabedi dénonce plusieurs irrégularités dans la gestion de l’établissement. Elle évoque notamment des décisions prises de manière unilatérale, sans concertation, en violation du principe de cogestion prévu par le décret de 2013 fixant les statuts de TRANSCO.
«Depuis notre prise de fonction, force est de constater que plusieurs décisions ont été prises unilatéralement, sans concertation ni recours à mon assistance », écrit-elle, rappelant que son rôle de co-gestionnaire est ignoré.
Parmi les principaux griefs soulevés, la DGA fustige des promotions accordées à des agents non qualifiés, parfois au détriment de cadres expérimentés laissés sans affectation. Trois agents classés au grade 07 auraient ainsi été nommés chefs d’agence, alors que le poste exige un niveau de maîtrise 4.
Elle dénonce également un climat de népotisme marqué, avec des changements opérés au sein de la Direction commerciale « sur fond de favoritisme », notamment dans les services Interurbain, Location et Marketing.
Selon la correspondance, l’assistant personnel du Directeur général s’ingérerait dans la gestion de cette direction jugée cruciale pour les recettes.
Les rapports d’audit de Moanda (avril 2025) et du 1er octobre 2025, cités dans la lettre, font état d’une traçabilité défaillante des recettes commerciales, d’une utilisation abusive du personnel non contractuel, et d’une mauvaise gestion des fonds de fonctionnement destinés aux lignes interurbaines.
Mme Kabedi déplore également le non-respect des procédures de passation des marchés publics, notamment pour l’achat des pièces de rechange, ainsi qu’un manque de transparence financière dans la communication interne.
La DGA conteste en outre la validation d’un nouvel organigramme, qu’elle qualifie de « surchargé et taillé sur mesure ». Selon elle, la création d’une nouvelle cellule juridique dirigée par l’ancien assistant du Directeur général, alors qu’un service juridique existe déjà, est injustifiée et contraire à l’objectif de rationalisation administrative.
«Vu la condition précaire de la trésorerie de l’établissement, est-ce opportun de créer des postes de cadres de commandement ? », s’interroge-t-elle. La lettre se conclut par un appel à la réévaluation du mode de gestion de TRANSCO, dans « l’intérêt supérieur de l’établissement et de ses agents ».
Kabedi y déplore aussi l’insalubrité persistante, l’absence d’eau et d’éclairage dans les installations, ainsi que la dégradation de l’image de la société auprès du public.
« À l’ère de l’innovation et du changement des mentalités prônés par vous, certaines choses comme l’insalubrité, le manque d’eau et de nettoyage correct des bus ne devraient plus persister, sinon ce slogan sonnerait creux », conclut-elle.
Gilbert N.
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