Manguredjipa, chef-lieu du secteur de Bapere dans le territoire de Lubero, a été le théâtre de violents affrontements ce mardi 27 janvier 2026. Une marche pacifique organisée par des femmes pour dénoncer l’insécurité persistante et l’activisme des rebelles ADF a dégénéré après l’intervention des forces de l’ordre, faisant deux morts et plusieurs blessés.
Ce qui devait être un cri d’alarme citoyen face aux violences récurrentes s’est transformé en tragédie. Selon Samuel Kagheni, président de la société civile locale, les services de sécurité ont fait usage de la force pour disperser les manifestantes, allant jusqu’à recourir à des tirs à balles réelles.
Le bilan provisoire fait état de deux morts sur le champ, parmi lesquels une femme et son nourrisson âgé de six mois. Trois autres personnes ont été grièvement blessées, toujours selon la même source.
Ces tirs ont provoqué une vive colère au sein de la population. En représailles, des manifestants ont incendié plusieurs motos ainsi que la résidence privée du chef de secteur de Bapere, plongeant la cité dans un climat de chaos et de peur.
Profondément indignée, la société civile dénonce une répression qu’elle qualifie de disproportionnée face à une population qui ne revendiquait que son droit fondamental à la sécurité. Elle exige l’ouverture immédiate d’une enquête indépendante et approfondie afin d’établir les responsabilités, avant toute inhumation des victimes.
« Il y a eu une manifestation des femmes à la suite des tueries perpétrées par les ADF. Malheureusement, un incident grave s’est produit, que nous, société civile, fustigeons et condamnons. Deux personnes ont été tuées, une femme et son bébé de six mois, tandis que d’autres ont été blessées. Il y a eu également l’incendie de quelques motos ainsi que de la maison d’habitation du chef de secteur », a déclaré Samuel Kagheni.
En signe de deuil et de protestation contre ce qu’elle qualifie de bavure sécuritaire, la société civile appelle les opérateurs économiques de Manguredjipa à observer une suspension totale des activités à partir de ce mercredi 28 janvier 2026, et ce, jusqu’à nouvel ordre.
Au moment de la rédaction de cet article, la situation demeure extrêmement tendue dans la zone, tandis que les autorités provinciales du Nord-Kivu ne se sont pas encore officiellement exprimées sur cet incident aux lourdes conséquences.
Azarias Mokonzi
En savoir plus sur BETO.CD
Subscribe to get the latest posts sent to your email.
