Détenu depuis un mois dans les locaux de l’Agence Nationale de Renseignement (ANR) à Kisangani, l’activiste Jordan Saidi Atibu est au cœur d’une vive polémique. L’ONG Actions pour la Justice, le Développement et les Droits Humains (AJDDH) dénonce une violation flagrante des procédures légales et s’inquiète de l’état de santé du détenu.
Dans un communiqué publié ce lundi 9 février, l’AJDDH monte au créneau pour exiger sa présentation immédiate devant une autorité judiciaire. Selon les informations rapportées par cette organisation de défense des droits humains, Jordan Saidi a été « brutalement interpellé » avant d’être placé en détention.
Depuis, aucun motif officiel n’a été communiqué pour justifier son arrestation. Plus préoccupant encore, l’AJDDH souligne que l’activiste est privé de tout contact avec sa famille et ses proches, ses conseils juridiques (avocats) et son médecin traitant, alors qu’il nécessite des soins réguliers.
Bien que l’ANR dispose de prérogatives spécifiques en matière de sûreté de l’État, l’AJDDH rappelle que les services de renseignement restent soumis au Code de procédure pénale congolais.
« Le droit à la liberté individuelle est la règle et la détention l’exception. La garde à vue ne peut excéder 48 heures. Un mois dépasse largement tout délai légal de flagrance ou d’enquête préliminaire. », rappelle Jedidia Mabela, Directeur Exécutif de l’ONG AJDDH.
L’organisation souligne également que la privation de médicaments pourrait être qualifiée de « traitement inhumain », mettant en péril l’intégrité physique du détenu. Face à ce qu’elle qualifie de détention arbitraire, l’AJDDH formule trois demandes urgentes notamment « la clarification immédiate du dossier et transfert de Jordan Saidi vers les instances judiciaires compétentes, l’accès humanitaire et juridique immédiat pour permettre au détenu de recevoir ses soins et de préparer sa défense et l’enquête indépendante sur les conditions de sa détention afin de lever toute suspicion de torture ou de mauvais traitements ».
Tout en réaffirmant son attachement à la stabilité des institutions, l’ONG insiste sur le fait que la sécurité de l’État ne peut justifier la suspension des droits fondamentaux garantis par la Constitution de la RDC et les traités internationaux.
Serge SINDANI
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