C’est sur instruction expresse du Ministre d’État, Ministre de la Justice et Garde des Sceaux, que Dismas Kitenge s’est rendu à environ 6 kilomètres du centre-ville de Kisangani, à la cité Paradis. Ce site, acquis sous la gestion de la coordination intérimaire dirigée par Chancard Bolukola, était initialement destiné à abriter un hôpital général ou orthopédique pour les victimes des guerres de Kisangani.
Cependant, si l’existence du terrain est confirmée, c’est le montage financier de l’acquisition qui suscite aujourd’hui l’indignation. Selon les documents comptables consultés par le PCA aï, les sommes décaissées pour ce terrain périphérique ne corresponderaient pas à la réalité locale. À l’en croire, au moins 250 000 dollars américains ont été sortis de la Caisse du FRIVAO pour acquérir ce site contenant environ 10 parcelles vides. Pire encore, 19 milles dollars américains sont sortis en terme d’une commission conformément à ce marché immobilier.
« Les chiffres étonnent, scandalisent un peu quand on habite Kisangani », a déclaré Dismas Kitenge. Pour le PCA aï, il est inconcevable qu’une telle somme ait été engagée pour un terrain situé en périphérie de la ville, pointant du doigt une possible manœuvre frauduleuse.
Bien plus, le PCA aï Dismas Kitenge ne mâche pas ses mots et suspecte l’existence d’un système organisé de détournement de fonds. Il évoque une opération de surfacturation qui aurait pu profiter à un « réseau mafieux » impliquant à la fois la coordination intérimaire du FRIVAO et certains services de l’État.
« Le fonds de FRIVAO doit être géré en toute transparence et non faire l’objet de gaspillage. Il semble qu’il y ait eu une surfacturation pour permettre une sortie de fonds effective sous de faux prétextes. », a-t-il ajouté.

Ainsi, le PCA aï a annoncé qu’un rapport détaillé sera transmis à l’autorité de tutelle ainsi qu’au Conseil d’Administration. Sa recommandation principale est l’ouverture d’une enquête rigoureuse. Dismas Kitenge souhaite que le Ministre de la Justice instruise le Procureur Général près la Cour d’Appel de Kisangani afin de dépêcher une commission d’experts.
Selon lui, cette dernière devra déterminer si la valeur réelle de la concession à la Cité Paradis correspond au quart de million de dollars déboursé par le Fonds. Après cette visite, un tournant majeur a été franchi dans la gestion du FRIVAO, actuellement entre les mains redressantes du comité réhabilité sous la direction du Mgr François Mwarabu, avec une volonté ferme de garantir que l’argent destiné aux victimes soit utilisé à bon escient.
Serge SINDANI
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