Dans une correspondance adressée ce jeudi 30 avril 2026 à la Première ministre Judith Suminwa Tuluka, les représentants coutumiers de quatre grandes concessions forestières du secteur de Beni-Mbau ont exprimé leur vive opposition au projet de matérialisation de la ville d’Oïcha. Ils alertent sur les risques de conflits fonciers et l’impact environnemental de ce projet.
En effet, les leaders des communautés de Buloloma, Batangi Buloloma, Bakila Tenambo et Babohio Kisiki montent au créneau pour protéger leurs terres. Selon eux, l’extension prévue de la ville d’Oïcha menace directement des forêts communautaires légalement reconnues.
Les chefs coutumiers accusent le projet d’être influencé par des « intérêts politiques » au détriment des limites historiques et administratives des entités voisines. Ils craignent que cette superposition ne ravive des conflits de limites entre la commune d’Oïcha et les groupements environnants, fragilisant ainsi la cohésion sociale dans une région déjà meurtrie par l’insécurité.
Au-delà de l’aspect foncier, l’enjeu est également économique et écologique. Ces concessions forestières ne sont pas de simples réserves foncières, mais des écosystèmes productifs.
« L’extension urbaine pourrait entraîner la dégradation de l’environnement, pourtant essentiel à la survie économique et sociale de nos communautés », insistent les représentants dans leur lettre.
Ils révèlent par ailleurs que ces espaces font déjà l’objet de partenariats internationaux, notamment avec des acteurs suisses et belges, pour des projets liés aux crédits carbone et aux services écosystémiques. La transformation de ces forêts en zones urbaines mettrait en péril ces engagements financiers et écologiques majeurs pour le développement local.
En saisissant directement la première ministre, les autorités coutumières espèrent obtenir un arbitrage en faveur du maintien de l’intégrité de leurs forêts. Ils plaident pour un développement qui respecte les droits des communautés locales et la préservation de la biodiversité, plutôt qu’une urbanisation forcée qui pourrait, selon leurs termes, sacrifier l’avenir vert de Beni-Mbau.
Azarias Mokonzi
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