L’Alerte Congolaise pour l’Environnement et les Droits Humains (ACEDH), soutenue par un collectif de 25 organisations de la société civile, a dénoncé, dans un communiqué rendu public ce mercredi 20 mai, ce qu’elle qualifie de « poursuite bâillon » visant à réduire au silence les acteurs engagés dans la protection de l’environnement et des droits humains.
Cette dénonciation intervient après l’arrestation jugée arbitraire du défenseur environnemental Franck Eluo, actuellement détenu à la prison de Lisala, dans la province de la Mongala.
Dans leur déclaration, les organisations signataires expriment leur profonde inquiétude face à cette arrestation qu’elles estiment dénuée de fondement. Selon elles, cette situation illustre les pressions croissantes exercées contre les défenseurs de l’environnement opérant dans les zones rurales et forestières de la RDC.
Les ONG affirment que Franck Eluo paie aujourd’hui son engagement en faveur de la protection des ressources naturelles et des communautés locales. Elles dénoncent également une instrumentalisation de la justice, perçue comme un moyen d’intimider les militants et de freiner leurs actions citoyennes en matière de gouvernance environnementale.
D’après des informations obtenues auprès de son organisation, l’ADIPAB, son arrestation ferait suite à des dénonciations publiques formulées par le défenseur concernant la destruction des forêts et des sources d’eau dans sa région.
L’ADIPAB, organisation engagée dans la défense des droits des peuples autochtones pygmées, alerte régulièrement sur les menaces pesant sur l’environnement ainsi que sur les moyens de subsistance des communautés locales. La plainte déposée par Franck Eluo Kombe visait notamment à attirer l’attention sur ces destructions et leurs conséquences sur les populations riveraines.
L’affaire suscite de vives réactions parmi les défenseurs des droits humains et de l’environnement, qui appellent à la protection des activistes ainsi qu’au respect du droit d’alerter sur les atteintes portées à l’environnement.
Le collectif exhorte les autorités congolaises à garantir le respect des droits fondamentaux des défenseurs des droits humains et de l’environnement, conformément aux engagements nationaux et internationaux de la RDC. Il exige notamment la libération de Franck Eluo ainsi que la cessation des intimidations contre les activistes engagés dans la protection des écosystèmes.
Selon les organisations de la société civile, cette affaire relance le débat sur les conditions d’exercice du travail des défenseurs environnementaux en RDC, dans un contexte marqué par l’exploitation des ressources naturelles, les conflits fonciers et les tensions autour de la gouvernance forestière.
Pour les signataires, la protection de l’environnement ne peut être dissociée de celle des personnes et des communautés qui s’engagent à défendre les écosystèmes face aux menaces grandissantes.
Albert Einstein M.
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