Corneille Nangaa doit-il partir? C’est la question qui divise désormais en République démocratique du Congo. Le président de la Commission électorale Nationale Indépendante (CENI), dans la sellette depuis longtemps, a franchi le Rubicon avec sa sortie affirmant qu’il n’y aura pas les élections au pays avant au moins avril 2019.
Dans sa lancée, Nangaa est encore revenu à la charge, durant les travaux de la tripartite CENI-CNSA-Gouvernement la semaine dernière, pour ajouter qu’il se pourrait que ce délai, largement contesté, ne soit même pas suffisant. « Il y a une année, j’ai évoqué les 504 jours. Cela ne date pas d’aujourd’hui. Je reste cohérent! Et si les conditions ne sont toujours pas réunies, même les 504 jours ne vont pas suffire », dit-il.
Le Mouvement de Libération du Congo (MLC) n’en peut plus de ces sorties. Dans une interview le lundi 23 octobbre sur Jeune Afrique, Eve Bazaïba, Secrétaire générale du parti de Jean-Pierre Bemba, s’est frontalement attaquée à M. Nangaa, l’accusant de rouler pour la majorité au pouvoir. « M. Corneille Nangaa est au service de la Majorité présidentielle (MP). Faut-il rappeler que les élections dont on parle devaient être organisées en 2016 et qu’elles n’étaient pas une génération spontanée ?« , s’interroge Mme Bazaïba.
Comme le MLC, le Rassemblement, principale coalition de l’opposition, développe également une allergie contre le président de la CENI. Dans un communiqué publié mardi 24 octobre, le mouvement dirigé par Félix Tshisekedi et Pierre Lumbi appelle ouvertement au départ de l’équipe Nangaa de la CENI.
« La direction actuelle de la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI) n’a été capable ni de publier un calendrier électoral, ni de confectionner à temps utile un fichier électoral pour permettre l’organisation rapide des élections. Elle s’est montrée totalement au service de la majorité présidentielle dont elle exécute les instructions pour bloquer le processus électoral« , explique-t-on.
Pour le Rassemblement, ajoute ce communiqué signé par Pierre Lumbi, le changement des dirigeants actuels de la CENI est « l’une des conditions sine qua non de l’organisation des élections véritablement démocratiques et Crédibles«
Pendant ce temps, le processus de transition est remis en cause, avec le retrait de l’un des poids lourds de l’accord du 31 décembre, l’Union pour la Nation Congolaise (UNC). Et alors que le ministre du parti de Kamerhe, Pierre Kangudia, a refusé de quitter le gouvernement, demandant à l’UNC de se retirer aussi d’autres institutions dont la CENI, il n’est pas à écarter que cette décision soit prise par l’ancien speaker de l’Assemblée nationale.
Par ailleurs, la CENI doit aussi subir la foudre du côté du Conseil national de suivi de l’accord et du processus électoral (CNSA), dont le président, Joseph Olenghankoy, n’a pas apprécié le déroulement de la tripartite la semaine dernière à Kinshasa, refusant même de signer le communiqué final.
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2 commentaires
Transition sans Kabila, refonte totale de l’équipe de la CENI, pas un troisième dialogue, tout cela profite à une seule personne: Joseph KABILA qui restera au pouvoir tant qu’il n’y aura pas élection ou un consensus. Je n’imagine pas comment nous irons dans une transition sans Kabila et sa MP. Transition sans Kabila égale Transition sans MP, et donc il y aura exclusion d’une plus grande force politique qu’est la MP. Sera-il possible? Attendons voir. Cependant, ce qui est évident c’est que le Rassop/ limété monte les enchères pour son positionnement après le 31 décembre. Selon les membres de cette plate forme politique, la vraie transition commencera lorsque eux et eux seulement seront à la primature: c’est de la bonne politique. Mais attention! il faut pesez votre force.
L’ENNEMI DU PEUPLE, CORNEILLE NANGAA EST CLAIREMENT AU SERVICE DIRECT DE JO KABILA, UN PRESIDENT ILLEGITIME ET ILLEGAL UTILISANT LA FORCE ET CORRUPTION POUR SE CRAMPONNER DESEPEREMENT AU SOMMET DANS UN PAYS QUI LE VOMIT.
MAIS, COMME JADIS MOBUTU, ET RECEMMENT BEN-ALI, MUBARAK, KADDAFI, GBAGBO, ET COMPAORE, KABILA NE S’ETERNISERA JAMAIS AU SOMMET. IL SUBIRA CERTAINEMENT LE SORT FINAL DE CEUX-CI, SI PAS CELUI DE SAMUEL DOE ET KADDAFI BIENTOT.