La ville de Kisangani, chef-lieu de la province de la Tshopo, fait face à une recrudescence alarmante de l’insécurité. Des statistiques de cas de vols, de cambriolages et d’attaques d’hommes armés augmentent du jour le jour. Les communes les plus touchées sont celles de la Tshopo, Mangobo, Kisangani et Makiso dont le bloc Météo qui a récemment été le théâtre d’une série de cinq attaques armées.
D’autres récits inquiétants sont ceux de la commune Tshopo, où un père de famille, très connu pour son rôle à la Procure des missions de Kisangani, a été tué à bout portant la nuit du mardi au mercredi de la semaine courante. Des séries de braquage armé au bloc Cabine. Le tableau est sombre, les voix se lèvent, soulignant l’urgence d’une prise de conscience collective face à un ennemi qui semble opérer en toute impunité.
Du haut du perchoir du parlement, le député national élu de Kisangani, Dr Laddy Yangotikala a haussé le ton, brossant une situation alarmante. « Ces dernières semaines, Kisangani est secouée par une vague d’attaques qui terrorise ses habitants. Des structures médicales cambriolées, des chauffeurs de moto-taxi abattus, et des résidences ciblées… La liste des exactions s’allonge, plongeant la population dans un sentiment d’abandon », a-t-il confié.
Profondément marqué par ces événements, Platini Atshangola, victime des attaques armées, a dénoncé cette situation intenable. « J’ai été l’une des premières victimes de cette série d’attaques. Cinq fois, j’ai été ciblé. L’ennemi nous neutralise pendant que nous sommes distraits (…) », a-t-il signifié.
Dans une réaction face à cette situation, le Président de l’Assemblée Provinciale de la Tshopo, n’est pas allé par le dos de la cuillère pour charger les autorités compétentes, appellant à tirer toutes les conséquences, si la situation perdure. Depuis France où il séjourne en mission de service, Mateus Kanga, a appelé la population à ne pas se laisser faire pour que « le chaos s’installe ».
« La population de Kisangani vit dans l’incertitude du lendemain entre mort par balle, pillage et viol.
Nous ne laisserons pas le chaos s’installer et constituer d’observer passivement. Si hier, comme simple citoyen, nous ne nous sommes jamais tus face à l’incompétence, ce n’est pas aujourd’hui que nous allons nous taire pendant que nous pouvons agir plus efficacement qu’hier », a-t-il dit, d’un ton ferme.
Jeudi, le gouverneur aï Senold Tandia, a appelé la population à dénoncer les cas suspects dans les quartiers. Pour lui, la situation sécuritaire actuelle de Kisangani peut présager le lit de l’ennemi (M23). Il a ainsi souligné l’importance d’une vigilance citoyenne.
Dans la foulée, certaines langues se délient contre le maire de la ville de Kisangani, accusé d’une « incompétence notoire ». D’autres, par contre, ciblent les services sécuritaires d’une complicité avec les hors-la-loi. Cependant, ce jeudi 05 juin, le Député National Fontaine Mangala, a annoncé une rencontre de taille avec le Vice-premier Ministre, Ministre de l’intérieur et sécurité, Jacquemain Shabani, afin de tabler en toile de fond sur la situation sécuritaire de Kisangani, considéré comme verrou stratégique dans la guerre d’agression rwandaise.
Serge SINDANI
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