Médecins Sans Frontières (MSF) a recensé au moins 355 cas suspects de choléra à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo (RDC). Parmi eux, plus de 314 ont été confirmés positifs à l’aide de tests de diagnostic rapide (TDR). Entre 20 et 24 décès ont également été enregistrés.
Le bilan alarmant de la résurgence du choléra a été adressé ce lundi 14 juillet au camp de MSF situé à Pakadjuma, l’un des quartiers les plus vulnérables de Kinshasa. Ce constat a été fait lors d’une visite guidée de l’Unité de Traitement du Choléra (UTC), mise en place par MSF dans la zone de santé de Kokolo, en appui aux autorités sanitaires.
Cette visite avait pour objectif de faire le point sur les efforts déployés par l’organisation humanitaire, tant dans la prise en charge des patients que dans les actions de promotion de la santé, d’hygiène et d’assainissement (WASH).
Selon la responsable des activités médicales de Médecins Sans Frontières (MSF) à l’UTC Pakadjuma, Dr Mireille Babanzanga, la flambée de la maladie observée jusqu’en juillet trouve son origine dans les inondations survenues au mois d’avril. « C’est à partir du 5 avril, lors du premier afflux de sinistrés que nous avons accueillis sur le site de Lumumba, que les cas ont commencé à se multiplier », a-t-elle précisé.
« Ici, nous enregistrons en moyenne une dizaine d’admissions par jour. En hospitalisation, nous comptons généralement autour de 35 patients alités. À ce jour, 22 cas sont actuellement pris en charge. Nous recevons des patients de toutes les couches de la population : femmes, hommes, enfants. Depuis le début de l’année 2025, nous avons enregistré une vingtaine de décès. Cette zone est désormais classée comme endémique au choléra », a-t-elle indiqué.
Le médecin chef de zone de santé de Limete, Dr Devos Kabemba, a sensibilisé la population congolaise en général, et celle de Kinshasa en particulier, à renforcer le respect des mesures sanitaires et sécuritaires pour limiter la transmission des maladies. Il a notamment insisté sur l’importance du lavage régulier des mains avec de l’eau propre, du savon ou une solution désinfectante.
« Ce centre existe depuis longtemps. Il s’agissait à l’origine d’un centre de traitement des Mpox, aujourd’hui transformé en centre de traitement du choléra (CTC). Les causes de la résurgence de la maladie sont multiples : les inondations survenues en avril, l’état dégradé de nos infrastructures sanitaires, ainsi que les difficultés persistantes d’accès à l’eau potable. Nous conjugons actuellement nos efforts pour contenir et résoudre ce problème », a-t-il déclaré.
Les équipes de Médecins Sans Frontières (MSF) sont engagées dans la riposte contre le choléra dans plusieurs provinces de la République démocratique du Congo, notamment au Nord-Kivu, au Sud-Kivu, à l’Est, ainsi que dans le Sankuru, au centre du pays. Depuis le début de l’épidémie, plus de 10 000 patients ont déjà été pris en charge par l’organisation.
Le principal défi pour ces professionnels de santé reste l’interruption de la chaîne de transmission. Dans cette optique, MSF prévoit l’implantation de points de réhydratation orale, appuyés par l’utilisation des Tests Rapides d’Orientation Diagnostique (TROD). Environ dix sites de soins dans la zone de santé de Limete seront équipés de ces dispositifs.
Lors de la 51ᵉ réunion du Conseil des ministres tenue le vendredi 11 juillet dernier, le ministère de la Santé publique, Hygiène et Prévention a alerté sur la situation préoccupante du choléra à Kinshasa. La zone de santé de Kokolo demeure la plus touchée, concentrant à elle seule 46,6 % de l’ensemble des cas recensés dans la capitale.
La tranche d’âge la plus affectée est celle des 15 à 49 ans, avec 427 cas enregistrés. Depuis la 16ᵉ semaine épidémiologique, une résurgence de la maladie est observée dans la ville, avec plusieurs cas suspects et des décès rapportés. Le taux de létalité s’élève actuellement à 9,2 %, en légère baisse par rapport aux 10,5 % enregistrés la semaine précédente.
Silas MUNGINDA
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