Discrètement, les négociations de paix à Doha entre le gouvernement congolais et la rébellion de l’AFC/M23 se poursuivent. Le ministre d’État qatari aux Affaires intérieures, Cheikh Abdulaziz ben Faisal Al Thani, a reçu séparément, ce mercredi 16 juillet , les ministres de l’Intérieur de la République démocratique du Congo et du Rwanda.
Selon une communication officielle relayée sur le compte X (anciennement Twitter) du ministère qatari des Affaires intérieures, les entretiens entre Jacquemain Shabani Lukoo pour la RDC et Vincent Biruta pour le Rwanda ont porté sur plusieurs dossiers d’intérêt commun et sur les moyens de renforcer la coopération bilatérale.
« Son Excellence Cheikh Abdulaziz bin Faisal bin Mohammed Al Thani, le ministre d’État aux Affaires intérieures, s’est réuni, séparément, avec Son Excellence Dr Vincent Biruta, le ministre de l’Intérieur de la République du Rwanda, et avec Son Excellence Jacquemain Shabani Lukoo, le Vice-Premier ministre et ministre de l’Intérieur, de la Sécurité, de la Décentralisation et des Affaires coutumières de la République démocratique du Congo.
Au cours des deux entrevues, ils ont discuté des moyens de renforcer la coopération et de développer des mécanismes de travail bilatéraux. Ils ont également examiné un nombre de sujets d’intérêt commun », indique le communiqué.
le Qatar accueille depuis plusieurs jours une série de discussions de haut niveau entre le gouvernement congolais et les représentants de la rébellion de l’AFC/M23, dans le cadre d’un processus de médiation soutenu par l’Union africaine.
La délégation de Kinshasa est dirigée par Sumbu Sita Mambu, Haut-Représentant du président Félix Tshisekedi, tandis que le mouvement rebelle est représenté par Benjamin Bonimpa, proche collaborateur de Sultani Makenga. L’objectif déclaré de ces pourparlers est de parvenir à un accord de paix durable qui mettrait fin à une guerre dévastatrice dans l’est de la RDC, et en particulier dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri.
Depuis plusieurs mois, le Qatar s’est imposé comme un acteur discret mais influent dans les efforts de médiation régionale, misant sur son expertise dans la résolution des conflits complexes et son réseau diplomatique étendu, à la fois en Afrique, au Moyen-Orient et auprès des organisations multilatérales.
Une médiation sous haute tension
Les négociations de Doha s’inscrivent dans un climat diplomatique tendu, Kigali, accusé par plusieurs rapports de l’ONU et d’organisations internationales de soutenir militairement la rébellion de l’AFC/M23. Le fait que Vincent Biruta, chef de la diplomatie rwandaise mais aussi ministre de l’Intérieur, participe à ces discussions est un signe de l’implication directe de Kigali dans le processus bien que le Rwanda continue de nier toute implication dans les combats en cours en RDC.
Du côté congolais, la présence à Doha du ministre Jacquemain Shabani, nommé récemment à la tête de l’Intérieur, témoigne de la volonté de saisir tous les leviers diplomatiques et sécuritaires pour aboutir à un cessez-le-feu et à la désescalade dans les zones de conflit.
Si ces consultations multilatérales constituent un pas important vers la paix, les obstacles restent nombreux. Parmi les principaux points de discorde : le désarmement effectif des combattants de l’AFC/M23, leur réintégration dans la vie civile ou militaire, la restitution des territoires occupés, mais aussi les garanties politiques que réclame le mouvement rebelle, en termes de représentativité et de sécurité.
Le gouvernement congolais, de son côté, insiste sur le respect de la souveraineté nationale, l’intégrité territoriale et la fin de tout soutien étranger aux groupes armés opérant sur son sol.
C.Timothée ÉZÉCHIEL
En savoir plus sur BETO.CD
Subscribe to get the latest posts sent to your email.
