Le remaniement ministériel du 7 août 2025 est porteur d’un signal fort : la présence des femmes au sein du gouvernement congolais n’est plus anecdotique, elle s’impose désormais comme une réalité politique. Sous la présidence de Félix Tshisekedi et la conduite de la Première ministre Judith Suminwa Tuluka, la RDC enregistre un record historique : 17 femmes font partie du nouvel exécutif, soit près de 32 % du total. Une avancée majeure par rapport à 2024, où elles représentaient environ 23 % des membres du cabinet.
Une Première ministre et une dynamique de transformation
Première femme à diriger le gouvernement congolais, Judith Suminwa Tuluka conserve son poste. Elle incarne à elle seule cette bascule historique vers une gouvernance plus inclusive. Mais au-delà de sa figure emblématique, c’est l’ensemble de la nouvelle équipe qui traduit une volonté assumée d’ouvrir davantage l’espace politique aux femmes.
Elles sont présentes parmi les ministres d’État, les ministres, les ministres déléguées et les vice-ministres. Cette fois, leur implication ne se limite pas aux portefeuilles dits sociaux. Des postes stratégiques leur sont aussi confiés, comme les Affaires étrangères, l’Environnement, les Hydrocarbures ou encore les Affaires foncières.
Parmi les figures marquantes, on retrouve Thérèse Wagner aux Affaires étrangères, Raïssa Malu à l’Éducation nationale, Marie Nyange Ngambo à l’Environnement, et Acacia Bandubola aux Hydrocarbures. D’autres femmes continuent de jouer un rôle central comme Ève Bazaiba aux Affaires sociales ou Yolande Elebe à la Culture. De nouveaux visages apparaissent également, à l’image de Micheline Ombaye (Genre), Grâce Kutino (Jeunesse) ou encore Arlette Bahati (ministre déléguée à la Nouvelle économie).
Une évolution constante depuis 2021
En 2021, les femmes représentaient à peine 17 % de l’exécutif. Trois ans plus tard, elles franchissent le seuil symbolique du tiers. Cette progression n’est pas accidentelle : elle résulte d’un choix politique assumé. Sous la conduite de Tshisekedi, la RDC se rapproche des standards internationaux en matière d’équilibre hommes-femmes dans la gestion des affaires publiques.
Si cette avancée est notable, la parité reste encore un objectif à atteindre. Aucun des postes de vice-premier ministre, ni les portefeuilles régaliens comme l’Intérieur, la Défense ou l’Économie, n’a été confié à une femme. Il reste donc à briser les plafonds de verre aux plus hauts niveaux de responsabilité. La dynamique actuelle ouvre néanmoins une brèche durable. Pour qu’elle se traduise par une transformation structurelle, il faudra l’accompagner de politiques volontaristes en faveur de la formation, du recrutement et de la promotion des femmes dans toute la chaîne de décision publique.
La montée en puissance des femmes dans le gouvernement de la RDC n’est plus seulement symbolique. Elle est visible, concrète, politique. Avec 17 membres au sein de l’exécutif, la représentativité féminine franchit un cap inédit. Le chantier reste ouvert, mais la tendance est claire : la gouvernance congolaise se féminise, et cela change déjà la manière dont elle s’incarne et dont elle décide.
En savoir plus sur BETO.CD
Subscribe to get the latest posts sent to your email.
