Dans un communiqué daté du 22 octobre, l’AFC/M23 affirme que Kinshasa poursuit « ses manœuvres militaires offensives » visant à relancer « un conflit à grande échelle », en dépit de la Déclaration de principes signée le 19 juillet à Doha, censée consolider la trêve et favoriser le dialogue. Le mouvement rebelle évoque d’importants déploiements de troupes et de matériels militaires dans plusieurs localités du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, notamment à Uvira, où il dit avoir observé l’accostage de « deux navires militaires transportant 1 125 combattants ». Il accuse le gouvernement congolais de « compromettre le processus de paix » et déclare être en « état d’alerte maximale ».
Ces accusations ont été fermement rejetées par Kinshasa dans une mise au point transmise à la presse le 29 octobre. Le ministre de la Défense nationale et Anciens Combattants, Guy Kabombo Muadiamvita, a qualifié les propos du mouvement rebelle de « manœuvre de diversion » destinée à saboter les processus de paix engagés à Washington et à Doha. Selon les autorités congolaises, cette posture s’inscrit dans une stratégie récurrente de provocation.
« La République démocratique du Congo continue à subir l’agression de son voisin, le Rwanda, sous le couvert de l’AFC/M23, malgré la main tendue du président de la République », souligne le communiqué officiel.
Face à la résurgence des tensions, Massad Boulos, conseiller Afrique de l’ancien président américain Donald Trump, a exhorté ce samedi 1ᵉʳ novembre les deux parties à honorer leurs engagements de Doha, notamment le respect du cessez-le-feu et la participation active au mécanisme conjoint de surveillance. Ce dispositif, rappelle-t-il, constitue « un pilier essentiel pour restaurer la confiance et stabiliser la région ».
« La RDC et l’AFC/M23 ont accompli des progrès encourageants dans le cadre du processus de Doha, témoignant d’un engagement commun pour la paix et la stabilité dans l’est du pays. Toutefois, les récentes violations du cessez-le-feu menacent de compromettre ces avancées. Tous doivent respecter leurs engagements afin de rétablir la confiance et réduire les tensions sur le terrain. Avec des efforts soutenus, une paix durable et un avenir prospère restent possibles », a déclaré Massad Boulos.
Par ailleurs, le 11 octobre, le gouvernement congolais avait déjà dénoncé de nouvelles violations des droits humains imputées à l’AFC/M23, qualifiée de « supplétif de l’armée rwandaise », dans plusieurs zones de l’Est.
Le ministère de l’Intérieur fait état de plus de 270 assassinats et exécutions sommaires, 300 cas de viols et plus de 300 actes de torture recensés en septembre dans les territoires de Rutshuru, Walikale et Masisi (Nord-Kivu). Des recrutements forcés de jeunes ont également été signalés à Chanzu et Rumangabo, ainsi que des bombardements d’habitations civiles entre le 20 septembre et le 2 octobre.
Silas MUNGINDA
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