Dans une lettre ouverte publiée ce samedi 2 novembre sur son compte Instagram et adressée au président Félix Tshisekedi, le rappeur belgo-congolais Damso, dans un message long et empreint d’émotion, dénonce avec force les dérives du pouvoir et appelle à un sursaut national.
« Vous aviez promis un État de droit mais la justice est devenue un marché. Elle ne juge plus, elle négocie. Elle protège les puissants et écrase les pauvres.Nos prisons sont pleines de voleurs de pain, tandis que les voleurs du pays écrivent les lois. Vous aviez promis la fin de la corruption. Mais elle n’a jamais été aussi visible et aussi arrogante », a-t-il écrit avant de dénoncer une gouvernance qu’il juge déconnectée des réalités du peuple congolais.
Damso, qui se présente « non pas en adversaire, ni en opposant, mais en fils de la République », dit parler « avec la douleur de celui qui a trop cru ».
L’artiste, suivi par plusieurs millions de fans à travers le monde, s’adresse directement au chef de l’État, qu’il exhorte à tenir les promesses de changement formulées lors de son accession au pouvoir.
Dans sa lettre, il aborde plusieurs sujets majeures liés à la situation du pays: la justice, la santé, l’éducation et surtout la situation sécuritaire à l’Est du pays, où les violences persistent malgré les appels à la paix.
« Le sang de l’Est est devenu une marchandise. Des familles entières disparaissent, des femmes enterrent leurs enfants dans le silence », écrit-il, accusant les autorités d’avoir abandonné les populations victimes du conflit.
L’artiste s’indigne également des conditions précaires dans lesquelles vivent de nombreux Congolais. « Dans un pays au sous-sol inestimable, certains hôpitaux fonctionnent encore à la bougie », déplore-t-il. Quant à la gratuité de l’enseignement, présentée par le gouvernement comme une grande avancée, Damso la qualifie d’« illusion qui a produit plus de désordre que d’espoir ».
Damso conclut son texte en appelant Félix Tshisekedi à redonner foi au peuple congolais et à bâtir un État véritablement fondé sur la justice et la transparence. « Le Congo n’a plus besoin de promesses, il a besoin d’une gouvernance honnête, juste et déterminée », affirme-t-il.
Silas MUNGINDA
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