Le Togo, mandaté par l’Union africaine comme médiateur, accueillera le 17 janvier 2026 à Lomé une réunion de haut niveau consacrée à la cohérence et à la consolidation du processus de paix en République démocratique du Congo (RDC) et dans la région des Grands Lacs.
Cette initiative s’inscrit dans une séquence diplomatique particulièrement intense, marquée par plusieurs avancées majeures : l’accord de Washington entre la RDC et le Rwanda, la déclaration de Doha entre Kinshasa et le M23, et l’implication croissante du Qatar dans la résolution de la crise.
Le 27 juin 2025, Kinshasa et Kigali avaient signé à Washington un accord de paix sous l’égide des États-Unis. Présenté comme historique, le texte engage les deux pays à respecter l’intégrité territoriale, mettre fin aux hostilités, faciliter le retour des réfugiés, garantir l’accès humanitaire et renforcer leur intégration économique.
Il institue également un Mécanisme conjoint de coordination de la sécurité chargé de superviser le désengagement, le désarmement et la neutralisation des groupes armés actifs dans l’Est de la RDC. Quelques jours plus tard, le président Félix Tshisekedi réceptionnait à Kinshasa l’original de l’accord, réaffirmant sa détermination à en assurer l’application.
En parallèle, un dialogue conduit à Doha sous la médiation du Qatar a débouché sur une déclaration de principes entre Kinshasa et le M23. Cet engagement, inattendu pour de nombreux observateurs, comprend un cessez-le-feu, un échange de prisonniers, le rétablissement de l’autorité de l’État dans les zones contrôlées par le mouvement rebelle et une feuille de route vers un accord global. Dès le 24 avril 2025, la RDC et le M23 avaient pourtant annoncé une première trêve, amorçant une désescalade progressive des combats dans l’Est.
Le Qatar s’est progressivement imposé comme un acteur diplomatique incontournable. Après avoir accueilli en mars 2025 un sommet entre Félix Tshisekedi et Paul Kagame – conclu par un appel à un cessez-le-feu immédiat –, l’émir Sheikh Tamim bin Hamad Al Thani multiplie les initiatives pour maintenir le dialogue.
Il était encore hier à Kigali, reçu par Paul Kagame, avant de poursuivre ce vendredi sa tournée à Kinshasa. Cette séquence, hautement symbolique à l’approche du rendez-vous de Lomé, illustre la volonté du Qatar d’accompagner activement les processus ouverts à Washington et Doha.
La réunion du 17 janvier à Lomé rassemblera gouvernements, mouvements armés, organisations régionales et partenaires internationaux. Objectifs : harmoniser les différents cadres de négociation, évaluer l’état d’avancement des engagements pris et arrêter des mesures concrètes pour consolider la paix. Car malgré la multiplication des médiations, des interrogations demeurent sur la volonté réelle des protagonistes de respecter leurs engagements, notamment en matière de retrait des groupes armés et de restauration durable de la sécurité dans l’Est de la RDC.
Gilbert N.
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