Entouré du Gouverneur de la Banque centrale du Congo (BCC), André Wameso, et du Représentant résident du FMI, René Tapsoba, le ministre a mis en exergue les enjeux stratégiques de ces programmes pour la stabilité macroéconomique du pays. Il a rappelé que les réformes en cours visent principalement le renforcement de la gouvernance publique, la consolidation de la discipline budgétaire ainsi que la lutte contre la corruption et le blanchiment des capitaux.
Malgré un contexte marqué par des pressions financières liées à l’insécurité persistante dans l’Est du pays, le gouvernement congolais est parvenu à satisfaire les exigences du FMI, enregistrant un taux de validation de 85 % des indicateurs de performance. Pour le ministre des Finances, ce résultat traduit les efforts soutenus du gouvernement, sous l’impulsion du Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi, en faveur d’une gestion rigoureuse des finances publiques.
Parmi les mesures phares évoquées figure la suspension des exonérations sur l’importation des produits pétroliers, qui a contribué à améliorer significativement la mobilisation des recettes internes.
« Nous avons atteint nos objectifs en matière de déficit budgétaire. C’est un succès majeur, surtout dans un contexte de crise sécuritaire », a souligné Doudou Fwamba, se montrant confiant quant à la soutenabilité des finances publiques.
À la suite de ces performances, la RDC a bénéficié d’un décaissement global de plus de 442 millions de dollars américains, destinés à soutenir des projets prioritaires, notamment dans les infrastructures énergétiques et le développement du capital humain. Le Gouverneur de la BCC a salué, à cet effet, la coordination étroite entre les politiques budgétaire et monétaire, essentielle pour la stabilité économique du pays.
De son côté, René Tapsoba a exprimé la satisfaction du FMI face à la détermination des autorités congolaises, soulignant les progrès réalisés dans la maîtrise de l’inflation et le renforcement des réserves de change.
« Ces résultats traduisent un engagement fort et une mise en œuvre rigoureuse des réformes convenues », a-t-il affirmé.
Portée par le soutien des partenaires internationaux et une volonté politique affirmée, la RDC poursuit ainsi sa trajectoire vers une économie plus résiliente, inclusive et durable.
Des décaissements significatifs déjà réalisés
Selon les données officielles exhibées par Doudou Fwamba, les décaissements cumulés au titre des deux programmes atteignent 965,4 millions USD, dont 783,4 millions USD pour la FEC et 182 millions USD pour la FRD, sur une enveloppe globale de 2,767 milliards USD.
La deuxième revue, approuvée le 19 décembre 2025, a permis un décaissement immédiat de 442 millions USD, confirmant la confiance du FMI dans la trajectoire macroéconomique du pays.
La quotité FEC consacrée à l’appui budgétaire est estimée à environ 130 millions USD, portant l’appui budgétaire total à 312 millions USD, FRD compris.
Des objectifs structurants pour la transformation économique
Le programme FEC, d’un montant de 1,729 milliard USD, vise principalement : l’accélération de la diversification de l’économie par une mobilisation accrue des recettes intérieures et une meilleure rationalisation des dépenses publiques ;
Le renforcement de la résilience macroéconomique, notamment en matière de stabilité externe, financière et des prix ;
La promotion d’une croissance inclusive, fondée sur la gouvernance, la transparence, la lutte contre la corruption et l’amélioration du climat des affaires.
De son côté, le programme FRD, doté de 1,038 milliard USD, ambitionne de renforcer la résilience de l’économie congolaise face au changement climatique, tout en consolidant le statut de la RDC comme « pays solution ». Il met l’accent sur la préservation des forêts, l’adaptation aux catastrophes climatiques et l’intégration de l’agenda climatique dans les investissements publics.
Un contexte sécuritaire lourd de conséquences budgétaires
Dans les explications de Doudou Fwamba, la mise en œuvre de ces programmes intervient dans un contexte marqué par l’accentuation de la crise sécuritaire dans l’Est du pays, notamment au Nord-Kivu et au Sud-Kivu, en raison de l’agression rwandaise. Cette situation a entraîné des déplacements massifs de populations, une perturbation des activités économiques locales et une forte pression sur les finances publiques.
Face à ces contraintes, il a fait savoir que le gouvernement a maintenu une discipline budgétaire stricte, priorisé les dépenses essentielles et renforcé la mobilisation des recettes nationales.
Réformes fiscales et mobilisation accrue des recettes
Parmi les principales mesures d’atténuation de la baisse des recettes figurent : la réforme de la dépense fiscale pétrolière, avec la suspension des exonérations à l’importation des produits pétroliers et l’application, dès juillet 2025, de la taxation des carburants consommés par les sociétés minières ; l’élaboration d’un plan de mobilisation accrue des recettes, appuyé par la digitalisation des administrations financières ; la rationalisation progressive des exonérations fiscales et l’extension de la LOGIRAD ; l’augmentation ciblée des droits d’accises, notamment sur l’acide sulfurique.
Performances macroéconomiques et critères respectés
Sur le plan macroéconomique, la croissance du PIB est estimée à 5,6 % en 2025, légèrement au-dessus de l’objectif initial de 5,3 %, tandis que l’inflation moyenne annuelle a été contenue autour de 7,9 %.
Les réserves de change se sont établies à 7,362 milliards USD, renforçant la stabilité extérieure. La majorité des critères de performance à fin juin 2025 ont été atteints, avec 85 % des indicateurs validés. Une seule dérogation a été sollicitée concernant les pratiques de change multiples, mesure temporaire depuis abandonnée.
Projets prioritaires à financer
Les ressources mobilisées serviront principalement à financer : la construction des infrastructures énergétiques, notamment dans le cadre du projet COMPACT ; l’amélioration du capital humain ; l’appui institutionnel aux réformes des finances publiques, pour ne citer que ceux-là.
Malgré la persistance des défis sécuritaires et humanitaires, le respect de la cible du déficit budgétaire intérieur constitue, selon les autorités, un succès notable. La soutenabilité des finances publiques a été préservée et l’espace budgétaire dédié aux dépenses sociales maintenu.
Ces résultats confirment la volonté du gouvernement congolais de poursuivre les réformes structurelles, tout en consolidant la stabilité macroéconomique et la résilience de l’économie nationale.
N. Samuel & Christian Okende
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