Le Président de la République Félix Tshisekedi a réaffirmé la nécessité d’apporter des réponses urgentes à la situation des agents et fonctionnaires de l’État régulièrement certifiés mais toujours privés de salaire de base. Cette question a été évoquée au cours du Conseil des ministres, où le Chef de l’État a exprimé sa préoccupation face aux dysfonctionnements persistants dans la gestion de la paie publique.
Des irrégularités
Selon plusieurs rapports consultés par la Présidence, de nombreux agents de l’État, pourtant valablement en service, physiquement identifiés et inscrits au Fichier de Référence de l’Administration publique, continuent de ne percevoir aucune rémunération malgré les efforts engagés par le gouvernement.
Pour Félix Tshisekedi, cette situation compromet la mise en œuvre du sixième engagement pris devant la population congolaise et fragilise davantage les conditions de vie des agents publics assurant le fonctionnement quotidien de l’État. Le Chef de l’État a rappelé que la rémunération des fonctionnaires ne constitue pas une faveur, mais « un droit fondamental à caractère essentiellement alimentaire ».
Les rapports examinés mettent également en lumière d’importantes disparités salariales entre les administrations publiques ainsi qu’entre les services centraux et les services déconcentrés établis dans les provinces et les Entités Territoriales Décentralisées.
Afin de corriger ces déséquilibres, le Président de la République a rappelé qu’il avait déjà instruit le gouvernement, lors de la troisième réunion du Conseil des ministres tenue le 28 juin 2024, d’élaborer une nouvelle politique salariale fondée sur des principes de justice, d’équité, de rationalisation et d’harmonisation du système de rémunération.
Un audit de l’IGF
Dans cette perspective, l’Inspection Générale des Finances (IGF), en collaboration avec le gouvernement, a été chargée de mener un audit général de l’état liquidatif afin d’identifier les dépenses irrégulières et les charges indues qui alourdissent la masse salariale au détriment des agents régulièrement éligibles.
En attendant les conclusions de cet audit et la mise en œuvre de la nouvelle politique salariale, plusieurs mesures conservatoires ont été décidées par le Chef de l’État. Il s’agit notamment de l’interdiction de toute nouvelle revalorisation des primes au profit des catégories déjà régulièrement rémunérées, sans remettre en cause les accords conclus avec les partenaires sociaux ni les ajustements barémiques en cours.
Le Président Félix Tshisekedi a également interdit la prise en charge de nouvelles commissions ou structures permanentes afin de limiter les charges supplémentaires sur les finances publiques. Les économies générées grâce à l’assainissement de la paie, à la rationalisation des effectifs et à l’enveloppe additionnelle prévue dans le projet de loi de finances rectificative 2026 devront être affectées prioritairement à la prise en charge progressive des agents certifiés réguliers non encore mécanisés.
Pour assurer l’exécution de ces mesures, le Chef de l’État a instruit le Vice-Premier ministre en charge du Budget, le Vice-Premier ministre chargé de la Fonction publique ainsi que le ministre des Finances, sous la coordination de la Première ministre, de prendre sans délai toutes les dispositions nécessaires. Un rapport détaillé sur l’état d’avancement de ces instructions est attendu dans un délai de trente jours.
Odon Bakumba
En savoir plus sur BETO.CD
Subscribe to get the latest posts sent to your email.
