Cette situation, qui affecte à la fois l’image de la capitale congolaise, la santé publique, l’environnement et le cadre de vie des populations, ne saurait être tolérée davantage. Pour le Président de la République, il est impératif d’éviter que l’insalubrité ne s’installe durablement dans les habitudes collectives des Kinois, au point d’être perçue comme une norme.
Derrière cette persistance, plusieurs failles ont été identifiées, notamment l’insuffisance d’anticipation, le manque de coordination entre les différents services, les lenteurs opérationnelles ainsi qu’un déficit de discipline dans l’exécution des missions. Autant de limites qui ont conduit à l’inefficacité des mécanismes jusque-là mis en place.
Pour y remédier, Félix Tshisekedi prône désormais une approche fondée sur la discipline paramilitaire, la responsabilité collective, la culture du résultat et une coordination renforcée des interventions. L’objectif est clair : garantir une action plus efficace et mieux adaptée aux réalités du terrain.
Dans cette dynamique, le Chef de l’État a décidé de mettre en place une task force pluridisciplinaire dédiée à la salubrité et à l’assainissement de la ville de Kinshasa. Placée sous son autorité directe, cette structure sera pilotée par le lieutenant-général Jean-Pierre Kasongo Kabwik, commandant du Service national, dont les actions dans les domaines de la formation des jeunes, de l’agriculture et des travaux d’intérêt public ont été largement saluées.
Composée d’experts issus du Service national, du cabinet présidentiel ainsi que de plusieurs ministères stratégiques — notamment l’Intérieur, la Défense nationale, l’Urbanisme et Habitat, la Santé publique, l’Environnement, les Infrastructures et Travaux publics — sans oublier l’Hôtel de ville de Kinshasa, cette task force aura pour mission d’élaborer et de coordonner un plan spécial et permanent d’assainissement.
Concrètement, il s’agira d’identifier les points critiques d’insalubrité, d’assurer leur traitement et leur suivi, mais aussi de proposer et d’appliquer des mesures contraignantes en matière de discipline urbaine et de civisme environnemental. La coordination des opérations de terrain, la sensibilisation des populations et l’application stricte des mesures arrêtées feront également partie des priorités.
Le choix porté sur le Service national n’est pas anodin. Sous la direction du général Kasongo Kabwik, cette structure s’est illustrée à travers des projets structurants, notamment à Kaniama Kasese, où des milliers de jeunes ont été encadrés et impliqués dans des activités productives et des travaux d’intérêt communautaire.
La mise en place de cette task force intervient dans un contexte où les attentes des Kinois restent particulièrement élevées en matière d’amélioration du cadre de vie. Entre la gestion des déchets, l’occupation anarchique des espaces publics et les problèmes récurrents liés aux eaux de pluie, les défis urbains demeurent nombreux et pressants.
Dans les prochains jours, une réunion de cadrage devrait être convoquée par le Président de la République afin de lancer officiellement cette nouvelle structure et d’en définir les modalités pratiques de fonctionnement. Les membres du gouvernement concernés seront, quant à eux, saisis pour les diligences requises.
À Kinshasa, cette initiative apparaît comme une tentative de rupture avec les approches antérieures. Reste à savoir si cette nouvelle dynamique, fondée sur la discipline, la coordination et la rigueur, permettra enfin d’inscrire durablement la capitale congolaise sur la voie de la salubrité.
Christian T. ÉZÉCHIEL
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