Jean-Pierre Bemba, Vice-Premier ministre des Transports et figure majeure de la présidence tournante de l’Union sacrée, a créé la polémique lors d’une intervention musclée sur les ondes de Top Congo FM. Il y a accusé frontalement l’ancien président Joseph Kabila, l’opposant Moïse Katumbi ainsi que certains responsables de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) de manœuvrer pour écarter Félix Tshisekedi du pouvoir.
« Il est inacceptable que des personnalités politiques, au lieu de soutenir le président, cherchent à le faire tomber pour des intérêts personnels. Cela met en danger tout le processus démocratique que nous avons mis tant de temps à établir », a lancé Bemba, visiblement déterminé à dénoncer ce qu’il considère comme un complot contre la stabilité institutionnelle de la République Démocratique du Congo.
Cette sortie survient dans un contexte politique particulièrement tendu, marqué par des rivalités exacerbées au sein de l’élite congolaise. La relation, autrefois stratégique, entre Tshisekedi et Kabila s’est progressivement dégradée, et les ambitions présidentielles de Katumbi ne sont plus un secret.
Bemba, qui a récemment renforcé sa stature politique en rejoignant le cœur du pouvoir exécutif, semble vouloir repositionner l’Union sacrée comme le seul rempart contre ce qu’il qualifie de tentatives de déstabilisation orchestrées.
Sans surprise, les camps de Kabila et Katumbi ont vivement rejeté ces accusations, les qualifiant de « provocations irresponsables » et de manœuvres destinées à discréditer l’opposition en amont d’échéances politiques clés. De leur côté, certains responsables de la CENCO n’ont pas encore officiellement réagi, bien que des sources internes évoquent une indignation face à cette mise en cause.
Ces propos «incendiaires» relancent le débat sur les véritables enjeux de la stabilité politique en RDC. Pour plusieurs analystes, la sortie de Bemba, loin d’être anodine, pourrait marquer une escalade dans la lutte pour le pouvoir à Kinshasa. D’autres estiment qu’elle traduit les inquiétudes croissantes au sein du régime face à une opposition de plus en plus organisée.
Alors que le pays entre dans une phase décisive de son calendrier institutionnel, ces accusations pourraient avoir des répercussions durables sur les alliances et les équilibres internes. La scène politique congolaise, déjà fragmentée, semble plus que jamais plongée dans une zone de turbulences.
Une chose est sûre : les prochaines semaines seront scrutées de près, tant par les observateurs nationaux qu’internationaux, à l’affût du moindre signe de fracture ou de recomposition au sommet de l’État.
Samuel Nakweti
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