Le 03 mai 2021, le Président Félix-Antoine Tshisekedi instaurait le régime de l’état de siège pour répondre à l’insécurité chronique, en Ituri et au Nord-Kivu, dans l’Est de la République Démocratique du Congo. Cinq ans plus tard, Ghislain Atiaboli, ambassadeur de la jeunesse et de la paix en Ituri, dresse un bilan mitigé.
Selon lui, la volonté politique du Chef de l’État s’est traduite par des « avancées visibles » qui transforment progressivement le visage de la province de l’Ituri notament la réhabilitation de l’aéroport de Bunia, les travaux sur la Route Nationale 27 (RN27) et asphaltage de la voirie urbaine, mais également des projets académiques structurants, notamment pour l’Université de Bunia.
Dans sa tribune déposée à la présidence, à la primature et des ministères clés, Ghislain Atiaboli salue le renforcement des capacités opérationnelles des FARDC, mais pointe du doigt l’activisme persistant de groupes armés tels que la CODECO, la CRP et les ADF. « Il est particulièrement alarmant de constater que certains groupes armés continuent d’exercer une autorité illégale, allant jusqu’à percevoir des taxes sur les populations », dénonce-t-il.
Dans cette foulée, l’ambassadeur de l’Ituri appelle à la neutralisation de ceux qui refusent de déposer les armes et exige que les auteurs de crimes répondent de leurs actes devant la justice, mettant ainsi fin à une culture de l’impunité qui alimente, selon lui, le cycle de la violence.
Atiaboli souligne la situation de précarité extrême dans laquelle vivent des milliers de déplacés, particulièrement dans les territoires de Djugu et d’Irumu. Tout en saluant l’action de la MONUSCO et des acteurs humanitaires, Ghislain Atiaboli interpelle le gouvernement congolais et la communauté internationale pour une aide d’urgence.
Pour tenter une nouvelle dynamique de paix en Ituri, l’ambassadeur de la jeunesse de l’Ituri propose trois pistes notament « l’évaluation approfondie des résultats opérationnels de l’état de siège cinq ans après son lancement, l’organisation d’une table ronde inclusive pour la paix en Ituri et la gestion rigoureuse des fonds publics et le respect strict des ordonnances régissant l’état de siège, tout en garantissant l’État de droit ».
Pour lui, il est temps de lancer un appel à la « jeunesse et à l’éveil patriotique », exhortant les jeunes à rejeter toute manipulation et à refuser l’adhésion aux groupes armés. « L’Ituri a changé, mais l’Ituri souffre encore. L’heure n’est ni au découragement ni à la complaisance mais à une action renforcée, équitable et résolue. La paix durable exige justice, responsabilité et engagement collectif », se résume-t-il.
Serge SINDANI
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