Les tensions entre le gouverneur militaire du Nord-Kivu et le député national Crispin Mbindule prennent une nouvelle ampleur dans un contexte déjà marqué par une grave crise sécuritaire dans l’est de la République démocratique du Congo. Ce jeudi, l’élu de Butembo est monté au créneau pour dénoncer ce qu’il qualifie de pressions politiques exercées par l’autorité provinciale.
À l’origine de cette confrontation figurent les récentes déclarations publiques du parlementaire, dans lesquelles il critiquait certains aspects de la gouvernance militaire au Nord-Kivu tout en affichant son soutien à une révision de la Constitution.
Selon Crispin Mbindule, ces prises de position auraient conduit le gouverneur militaire à saisir les services de renseignements afin d’ouvrir des enquêtes à son encontre pour des faits présumés de troubles à l’ordre public.
La taxe « conventionnelle » dénoncée
Face à la presse, le député a rejeté les accusations formulées contre lui, affirmant que ses critiques portaient essentiellement sur la situation socio-économique dans la province, notamment la hausse des prix des produits de première nécessité.
L’élu attribue cette flambée à l’instauration d’une taxe dite « conventionnelle » par l’administration militaire. « À mon arrivée au Nord-Kivu, j’ai constaté une flambée des prix des produits vivriers et non vivriers. Nos investigations ont révélé que cette situation découle d’une taxe imposée par le gouverneur militaire. Nous nous y sommes ouvertement opposés, compte tenu du contexte socio-économique difficile que traverse notre pays », a-t-il déclaré.
Un débat autour de la révision constitutionnelle
Crispin Mbindule estime également être victime d’une tentative d’intimidation politique en raison de ses positions favorables à une révision de la Constitution. Le député affirme avoir récemment séjourné à Butembo pour sensibiliser la population à cette question à travers plusieurs émissions diffusées sur des radios locales.
« Je suis allé à Butembo avec un message en faveur du changement de la Constitution, et la population l’a favorablement accueilli. Seul un petit groupe manipulé s’y est opposé. C’est cela que le gouverneur qualifie de troubles ou de désobéissance civile », a-t-il soutenu.
Le parlementaire défend le droit au débat démocratique et invite le gouverneur militaire à un échange public sur cette question. « Nous sommes dans un État démocratique où chacun a le droit de défendre son opinion. S’il s’oppose à la révision constitutionnelle, c’est son droit. Mais j’ai aussi le droit de défendre mes idées », a-t-il ajouté.
Rejet des accusations de soutien aux groupes armés
Le député national a également rejeté les accusations selon lesquelles il entretiendrait des liens avec des groupes armés opérant dans la région de Butembo.
Selon lui, les actions qu’il mène sur le terrain s’inscrivent exclusivement dans le cadre du soutien à l’effort de guerre face à l’insécurité persistante dans l’est du pays.« Lorsque j’achète des vivres pour les militaires des FARDC et pour les Wazalendo au front afin de les aider à résister face à l’ennemi, le gouverneur qualifie cela de soutien aux milices. En tant que député national, j’ai l’obligation légale de contribuer à l’effort de guerre », a-t-il affirmé.
Crispin Mbindule accuse ainsi l’autorité provinciale de vouloir instrumentaliser les services de sécurité à des fins politiques. Il assure toutefois qu’il maintiendra ses positions malgré les pressions qu’il dit subir.
Azarias Mokonzi
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