La capitale congolaise est confrontée à une flambée inquiétante de choléra, avec une propagation rapide dans plusieurs zones de santé. Face à cette urgence sanitaire, le Président de la République, Félix Tshisekedi, a exigé du gouvernement l’activation immédiate d’un plan de contingence multisectoriel et rigoureux.
Cette instruction ferme du chef de l’État a été rendue publique ce vendredi 4 juillet, à travers le compte-rendu de la 50ᵉ réunion du Conseil des ministres, lu sur les ondes de la RTNC par le ministre de la Communication et des Médias, Patrick Muyaya.
Sous la houlette de la Première ministre Judith Suminwa, plusieurs ministères clés — Intérieur, Santé, Environnement, Ressources hydrauliques, Affaires sociales et Communication — sont appelés à mutualiser leurs efforts, en étroite collaboration avec le cabinet présidentiel et le gouvernement provincial de Kinshasa.
« Le Président de la République a instruit le Gouvernement de faire face sans délai à cette épidémie, sous la coordination de la Première ministre », a souligné Patrick Muyaya. Il a insisté sur l’activation immédiate d’un plan d’urgence intégrant pleinement la division provinciale de la santé.
Le plan gouvernemental prévoit notamment :
le déploiement rapide d’équipes médicales dans les zones les plus touchées ;
la distribution de traitements mobiles et de stocks médicaux essentiels ;
la désinfection systématique des points d’eau, écoles, marchés et lieux à forte affluence ;
une distribution massive d’eau potable, de kits d’hygiène et de produits de traitement de l’eau.
Conscient de l’enjeu, le Président Tshisekedi a également insisté sur l’intensification de la surveillance épidémiologique, le dépistage communautaire et la sensibilisation de proximité. L’objectif est non seulement d’endiguer la propagation du virus, mais aussi de lutter contre les rumeurs et la désinformation qui entravent l’adhésion aux mesures sanitaires.
Le gouvernement compte aussi sur une coordination renforcée avec les partenaires techniques et financiers, notamment l’OMS, l’UNICEF, Médecins sans frontières et d’autres agences humanitaires, afin de mobiliser un appui logistique, financier et opérationnel à la hauteur de la gravité de la situation.
Les derniers chiffres officiels dressent un tableau préoccupant :
Zone de santé de Kokolo : 70 cas, dont 10 décès ;
Makala : 30 cas, 10 décès ;
Kinsenso : 10 cas, 5 décès ;
Ngiri-Ngiri : 12 cas, 1 décès ;
Limete : 6 cas, 1 décès ;
Kalamu 1 : 2 cas, 1 décès ;
Bumbu : 2 cas, 0 décès ;
Lemba et Kingabwa : 1 cas chacun.
Cette épidémie, qui se propage dans un contexte urbain déjà marqué par de profondes inégalités d’accès à l’eau et à l’assainissement, constitue un test critique de réactivité pour les autorités congolaises. L’urgence n’est plus à la gestion fragmentée, mais à une riposte intégrée, rapide et coordonnée, pour éviter que la situation ne dégénère davantage.
C. Timothée Ézéchiel
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