La pépinière de l’Université de Kinshasa, baptisée « La Bambouseraie de l’UNIKIN », a procédé, lundi 19 janvier, à la remise officielle de plus de 25.000 plantules de bambous et de plus de 120.000 souches de vétiver à l’entreprise WIETC, partenaire du projet. Destinées à la stabilisation des talus fragilisés du ravin de la commune de Kisenso, ces plantes constituent une réponse écologique aux graves problèmes d’érosion auxquels la zone est confrontée.
La cérémonie s’est déroulée en présence du recteur de l’Université de Kinshasa, le professeur Jean-Marie Kayembe, ainsi que des ingénieurs et membres de la mission de contrôle du projet « Kin Elenda ».
Dans son allocution, le recteur Kayembe a salué la portée stratégique de cette initiative, qu’il inscrit dans la vision du chef de l’État. « L’Université de Kinshasa s’aligne sur la volonté présidentielle de voir le génie congolais s’exprimer tant au niveau national qu’international. Nos étudiants et anciens étudiants sont des modèles. La jeunesse doit assumer de grandes responsabilités, et il est encourageant de constater cette prise de conscience. L’UNIKIN se positionne aujourd’hui comme un centre de savoir et de production de bambous et de vétivers. Les résultats obtenus sont une réelle fierté », a-t-il déclaré.
Ce succès est le fruit du travail d’une équipe conduite par Bertin Mbuya Kilabi, environnementaliste et coordonnateur de la Bambouseraie de l’UNIKIN. L’initiative s’inscrit dans le cadre de la vision « UNIKIN SOLUTIONS », qui ambitionne de faire de l’université un acteur clé dans l’apport de solutions concrètes aux défis sociétaux.
« En seulement deux mois, nous avons pu produire ces plantules grâce à la mobilisation de plus de 150 personnes. Aujourd’hui, nous récoltons les fruits de cet engagement collectif. La prochaine étape sera leur transplantation sur les talus de Kisenso afin de stabiliser durablement les sols. Il s’agit d’une solution fondée sur la nature face à un problème pressant », a expliqué Bertin Mbuya Kilabi.
De son côté, l’entreprise WIETC s’est dite satisfaite de la qualité des plants livrés. « Nous sommes venus réceptionner les bambous et vétivers produits par la pépinière de l’Université de Kinshasa. Les résultats de cette première année de collaboration sont très encourageants. Ils marquent le lancement effectif de notre intervention sur le terrain pour lutter contre l’érosion à Kisenso », ont indiqué les représentants de la société.
Une mission de contrôle menée par les ingénieurs du projet « Kin Elenda » a également permis de constater le respect des normes de sécurité, ainsi qu’un équilibre satisfaisant entre travailleurs masculins et féminins durant le processus de production.
Le superviseur du projet a évalué le taux de réussite de l’initiative à 97,7 %, soulignant l’importance de l’expertise locale dans la gestion des défis environnementaux urbains. Il a réaffirmé la capacité de la Bambouseraie de l’UNIKIN à répondre efficacement aux besoins en matière de lutte anti-érosive.
Pour Gloire Tshibasu, expert QHSE, consultant en études d’impact environnemental et social, et assistant à l’Université de Kinshasa, cette expérience s’inscrit dans la continuité. « Ce n’est pas une première. Le projet pilote de lutte anti-érosive sur le site universitaire a servi de base. Le partenariat avec WIETC nous a permis d’accroître notre capacité de production et de répondre, de manière adéquate, aux différents besoins liés à la lutte contre l’érosion sur de vastes étendues », a-t-il précisé.
Rare structure en RDC à produire du bambou à grande échelle, la Bambouseraie de l’Université de Kinshasa ambitionne désormais d’élargir ses partenariats avec les institutions publiques et privées engagées dans la lutte contre l’érosion.
Au-delà de la protection des sols à Kisenso, le projet a également une dimension sociale importante. Plus de 100 personnes, parmi lesquelles des étudiants et des résidents du quartier, ont été impliquées dans les différentes phases de production, bénéficiant ainsi d’emplois temporaires.
La Bambouseraie de l’UNIKIN s’impose ainsi comme un modèle d’engagement environnemental et de développement socio-économique, illustrant le rôle que peut jouer l’université dans la recherche de solutions durables aux défis urbains du pays.
Albert Einstein M
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