L’Union nationale de la presse du Congo, section du Nord-Kivu (UNPC/Nord-Kivu), a été sommée de libérer les locaux qu’elle occupe au sein de l’enceinte de la Radio-télévision nationale congolaise (RTNC) à Goma.
La décision, notifiée ce samedi 31 janvier, émane de la direction provinciale de la RTNC/Nord-Kivu, selon un communiqué publié par le comité de l’UNPC/Nord-Kivu et parvenu à la rédaction de Beto. La direction de la RTNC invoque le fait que le bâtiment abritant le centre de presse est construit sur sa concession.
« La direction provinciale de la RTNC/Nord-Kivu nous a exigé de quitter le bâtiment du centre de presse au motif qu’il est érigé sur la concession de la RTNC », précise le communiqué.
En conséquence, l’UNPC/Nord-Kivu annonce que ses bureaux ainsi que le centre de presse cesseront de fonctionner dans ce bâtiment à partir du 2 février 2026. Ces installations avaient été mises à la disposition de l’UNPC par la MONUSCO, à travers sa division de l’Information publique, en décembre 2015. Elles avaient été construites dans le cadre du programme des projets à impact rapide (QIPs) de la Mission onusienne, pour un montant de 74 456 dollars américains.
Au niveau national, l’UNPC exprime sa vive préoccupation face à ce déguerpissement qu’elle qualifie d’atteinte à son patrimoine institutionnel. Dans un communiqué daté du 31 janvier, la direction nationale rappelle que ces infrastructures constituent un espace professionnel neutre, essentiel au travail des journalistes.
L’UNPC nationale souligne par ailleurs qu’un accord avait été conclu entre la RTNC et l’UNPC, autorisant l’implantation de la section provinciale sur le site de la RTNC à Goma, en contrepartie notamment de l’accès de la RTNC/Goma à la connexion internet installée par l’UNPC. « Le déguerpissement intervenu remet en cause cet arrangement et met en péril un outil essentiel de travail des professionnels des médias, dans un contexte sécuritaire déjà fragile », déplore l’organisation.
L’UNPC dénonce toute atteinte à son patrimoine et fait part de sa profonde inquiétude quant à la sécurité des journalistes. Elle prend à témoin la communauté nationale et internationale sur les pressions, menaces et persécutions dont sont victimes les professionnels des médias opérant dans les zones sous occupation.
Cette inquiétude rejoint celle de plusieurs journalistes du Nord-Kivu, qui estiment que le déguerpissement de l’UNPC de ses locaux, sous couvert d’une décision de la RTNC, ne serait qu’un « subterfuge » des autorités de la rébellion présentes à Goma.
Il y a quelques semaines, le M23, en connivence avec certains journalistes ayant fait allégeance à la rébellion, avait tenté de mettre en place une structure parallèle de l’UNPC, une initiative largement rejetée par la majorité des journalistes du Nord-Kivu.
Face à cette situation, l’UNPC nationale en appelle à la MONUSCO, aux organisations de défense des droits des journalistes ainsi qu’aux organisations humanitaires, afin qu’elles contribuent à la protection des installations de l’UNPC/Nord-Kivu et à la sauvegarde physique des journalistes concernés. Elle réaffirme, par ailleurs, son engagement en faveur de la liberté de la presse et de la protection des professionnels des médias.
Merveilles Kiro
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