Le Parlement panafricain (PAP), organe législatif de l’Union africaine (UA), a tenu, jeudi 30 avril 2026, une session extraordinaire de sa septième législature à Midrand, en Afrique du Sud, consacrée à l’élection des cinq membres de son Bureau.
Cette session intervient à la suite de l’expiration du mandat du sixième Bureau, arrivé à terme le 28 février 2026. Elle a été convoquée conformément aux décisions 1288 (XLVI) et 1663 (XLVII) du Conseil exécutif de l’UA, complétées par une décision adoptée le 27 mars 2026, ainsi qu’aux dispositions de la règle 29 du règlement intérieur du PAP.
Le processus électoral a été supervisé par Mahmoud Ali Youssouf, président de la Commission de l’Union africaine, représentant le président en exercice de l’UA. Il a bénéficié de l’appui d’un groupe de haut niveau chargé de veiller à la transparence, à la crédibilité et au respect des cadres juridiques et institutionnels de l’organisation.
À l’issue du scrutin du 30 avril 2026, le nouveau Bureau de la septième législature du PAP se présente comme suit :
Président (Afrique du Nord) : Fateh Boutbig (Algérie)
Premier vice-président (Afrique de l’Est) : Ashebir Gayo (Éthiopie)
Deuxième vice-présidente (Afrique de l’Ouest) : Zanetor Agyeman-Rawlings (Ghana)
Troisième vice-président (Afrique centrale) : Djidda Mamar Mahamat (Tchad)
Quatrième vice-présidente (Afrique australe) : Arlete da Visitação (Angola)
Ce nouveau Bureau exercera un mandat de trois ans, conformément au principe de rotation régionale équitable, régulière et prévisible promu par l’Union africaine.
Organe central de direction et d’administration du Parlement panafricain, le Bureau est chargé de définir les orientations stratégiques de l’institution et d’assurer le bon fonctionnement de ses organes. Il supervise également la gestion globale des affaires administratives ainsi que des infrastructures du Parlement, consolidant ainsi son rôle dans le renforcement de la gouvernance parlementaire à l’échelle continentale.
Zoom sur le PAP
Le Parlement panafricain a été créé en mars 2004, par l’article 17 de l’Acte constitutif de l’Union africaine, en tant qu’un des neuf organes prévus par le Traité instituant la Communauté économique africaine signé à Abuja, au Nigéria, en 1991. Le Protocole établissant le PAP a été ratifié par 49 États membres.
Le Parlement panafricain (PAP) compte 275 membres. L’article 4 du Protocole instituant le PAP exige que chaque parlement national soit représenté par cinq membres, dont au moins une femme. La représentation de chaque État membre doit refléter la diversité des opinions politiques au sein de chaque parlement national ou organe délibérant. Conformément à l’article 5 du même Protocole, les parlementaires panafricains sont élus ou désignés par les parlements nationaux des États membres.
La création du Parlement panafricain s’inscrit dans une vision visant à offrir une plateforme commune aux peuples africains et à leurs organisations de base afin qu’ils soient davantage impliqués dans les discussions et la prise de décision concernant les problèmes et les défis auxquels le continent est confronté.
Le siège du Parlement se trouve à Midrand, en Afrique du Sud. Les parlementaires panafricains représentent tous les peuples d’Afrique. Le Parlement panafricain a pour objectif de devenir une institution dotée de pleins pouvoirs législatifs, dont les membres seraient élus au suffrage universel.
Pouvoirs du Parlement
Les fonctions et les pouvoirs du PAP sont définis à l’article 11 du Protocole au Traité instituant la Communauté économique africaine relatif au Parlement panafricain.
Examiner, discuter ou exprimer un avis sur toute question, soit de sa propre initiative, soit à la demande de l’Assemblée ou d’autres organes politiques, et formuler les recommandations qu’elle juge appropriées concernant notamment les questions relatives au respect des droits de l’homme, à la consolidation des institutions démocratiques et à la culture de la démocratie, ainsi qu’à la promotion de la bonne gouvernance et de l’état de droit.
Discuter de son budget et du budget de la Communauté et formuler des recommandations à ce sujet avant son approbation par l’Assemblée de l’Union africaine.
Œuvrer à l’harmonisation ou à la coordination des lois de l’État membre.
Formuler des recommandations visant à contribuer à la réalisation des objectifs de l’OUA/CEA et attirer l’attention sur les défis auxquels est confronté le processus d’intégration en Afrique ainsi que sur les stratégies pour y faire face.
Promouvoir les programmes et les objectifs de l’OUA/CEA auprès des circonscriptions des États membres.
Promouvoir la coordination et l’harmonisation des politiques, mesures, programmes et activités des Communautés économiques régionales et des instances parlementaires africaines.
Adopter son règlement intérieur, élire son propre président et proposer au Conseil et à l’Assemblée la taille et la nature du personnel de soutien du Parlement panafricain.
Christian Okende
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