La Société civile Forces vives de la RDC (SCFV-RDC) a lancé un cri d’alarme sur la situation sécuritaire dans la province de l’Ituri, dénonçant un massacre de plus d’une centaine de civils qui aurait été «dissimulé» par l’administration militaire locale.
Dans un communiqué de presse publié à l’occasion de la 29ᵉ commémoration des Forces armées de la RDC, la coordination nationale de cette plateforme citoyenne affirme que malgré l’état de siège instauré depuis plus de cinq ans en Ituri et au Nord-Kivu, les violences continuent de faire des victimes civiles.
Selon le coordonnateur national Jean-Bosco Lalo Kpasha, les faits remontent au 28 avril 2026, vers 3 heures du matin, après une attaque attribuée à la CRP contre une position des FARDC au village Ndje, dans le groupement Mayalibo, chefferie des Mambasa. Il évoque un «carnage» ayant causé la mort de plus d’une centaine de civils ainsi que de plusieurs militaires.
La SCFV-RDC soutient que plusieurs corps n’auraient pas encore été enterrés, faute d’accès sécurisé à la zone. Elle indique également qu’avec l’appui de la MONUSCO, près d’une centaine de dépouilles ont pu être ensevelies. L’organisation cite aussi un autre massacre enregistré le 15 mai 2026 à Maze, dans le groupement Ucha/Bahema-Nord.
Dans son communiqué, la plateforme non partisane affirme que les territoires de Mambasa, Irumu et Djugu restent marqués par des incursions répétitives des groupes armés ADF et Zaïre, malgré les assurances sécuritaires des autorités militaires. Un bilan provisoire de plus de 50 civils tués aurait été documenté entre avril et mai 2026.
La Société civile regrette par ailleurs le silence observé, selon elle, lors des récentes communications officielles sur ces événements. Elle accuse l’administration militaire de vouloir minimiser les faits et réclame une enquête mixte, indépendante et urgente afin d’établir les responsabilités.
«On ne se moque pas indéfiniment des morts», peut-on lire dans ce communiqué signé par Jean-Bosco Lalo Kpasha, coordonnateur national de la SCFV-RDC.
La SCFV-RDC dénonce également ce qu’elle qualifie de «rétrécissement de l’espace démocratique» en Ituri, évoquant des intimidations et menaces visant des acteurs de la société civile et des journalistes ayant dénoncé les violences dans la province.
Au-delà de la crise sécuritaire, la Société civile attire aussi l’attention sur la résurgence de l’épidémie d’Ebola en Ituri, faisant état de plus de 60 décès et plusieurs cas suspects. Elle craint une aggravation de la catastrophe humanitaire, notamment dans les sites de déplacés de Bunia, Logo, Gina et Blue, où vivent des milliers de personnes.
La SCFV-RDC appelle enfin le gouvernement congolais ainsi que les partenaires techniques et financiers à renforcer l’assistance humanitaire en faveur des populations de Djugu et Mambasa, durement affectées par l’insécurité.
Christian Okende
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