L’Institut Supérieur des Techniques Médicales (ISTM) de Kisangani traverse une zone de turbulences. Un collectif d’agents a déposé un mémorandum fustigeant la gestion du comité de gestion actuel, dirigé par le Professeur Batina. Entre accusations de violations administratives et opacité financière, la tension monte au sein de l’établissement.
Le point de rupture semble avoir été atteint avec la publication de la décision n°038, portant suspension de certains signataires du mémo. Pour les protestataires, cette mesure est la preuve irréfutable des griefs reprochés à la direction.
« Signer un mémo relève, dans un État de droit, de la liberté d’expression garantie par la Constitution », a souligné l’un des signataires, ayant requis l’anonymat à BETO.CD
Bien plus, les agents dénoncent une tentative d’intimidation visant à masquer une gestion qu’ils qualifient de « contraire aux principes de l’administration publique ». Ils appellent désormais à l’intervention urgente des autorités politico-administratives, tant locales que nationales, pour prévenir un embrasement de la situation.
Des arriérés de salaire et un déni de responsabilité
Au cœur des tensions se trouve une crise salariale aiguë. Le personnel académique et technique (PAS et PATO) fait face à deux mois d’arriérés de salaires datant de l’année 2025.
La réponse du comité de gestion a suscité l’indignation : la direction aurait déclaré ne pas être concernée par les dettes contractées par l’équipe précédente. Cette position est jugée illégale par les contestataires, qui rappellent le principe fondamental de la continuité des services publics.
Opacité financière et « paiements séquentiels »
Le mémo détaille également des pratiques comptables jugées arbitraires notament l’instabilité des liquidités. À l’en croire, des annonces de paiement seraient suivies, à peine une heure plus tard, de messages signalant une rupture de liquidités.
Il y a également l’inégalités de traitement. Selon nos informations, certains assistants de premier mandat n’auraient jamais perçu leur prime locale, tandis que d’autres, pourtant passés au second mandat, restent rémunérés sur la base de leur ancien grade. Bien plus, un détournement est suspecté. Les signataires s’interrogent sur l’affectation réelle des fonds budgétisés pour l’exercice en cours.
« Le salaire n’est plus considéré comme un droit à caractère alimentaire depuis l’avènement du comité Batina », s’insurgent les agents. Face à ce qu’ils nomment une gestion « au-dessus des lois », les membres de l’ISTM-Kisangani exigent des comptes et le respect des textes régissant la Res publica.
À l’heure actuelle, la direction de l’ISTM n’a pas encore émis aucune communication officielle en réponse à ces accusations précises, au-delà des mesures de suspension déjà actées.
Face à cette crise, plusieurs langues appellent au dialogue. Ce mardi, de passage à l’ISTM, l’honorable Laddy Yangotikala a appelé au calme et à la retenue. Le député élu de Kisangani a souligné que seul le dialogue peut aboutir aux résolutions de ces différends afin de protéger l’image de l’ISTM Kisangani.
Serge SINDANI
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