Alors que l’administrateur du territoire d’Irumu affirmait, dans une déclaration relayée par les médias locaux, que les victimes des derniers massacres perpétrés par les terroristes ADF se trouvaient dans une zone interdite d’accès aux civils, la Convention pour la Recherche des Droits Humains (CRDH) juge cette sortie médiatique inappropriée.
Dans une déclaration rendue publique ce mercredi 28 janvier 2026, l’organisation estime que ces propos « crachent sur la mémoire des victimes ». « Nous avons été surpris par la déclaration de l’administrateur au sujet des dernières tueries ayant coûté la vie à au moins 25 civils. Il affirme que ces personnes ont été tuées dans une zone interdite et que la population traverse Tchanitchani, Beu et Mamove. Nous nous demandons s’il maîtrise réellement l’entité qu’il administre, car pour atteindre Kazaroho, on passe par Bwanasula », a déclaré Christophe Munyanderu au micro de BETO.CD.
L’activiste s’interroge également sur l’efficacité des actions militaires : « S’il s’agit d’une zone interdite depuis avril 2022, qu’en est-il des opérations annoncées ? Depuis tout ce temps, peut-il nous dire combien de kilomètres ont été libérés ? Ce jeu de ping-pong ne nous aide pas et fragilise davantage les relations avec les militaires. »
Pour la CRDH, l’autorité territoriale aurait dû se contenter de compatir avec la population tout en prenant des mesures offensives pour empêcher de nouvelles violences. « Cette déclaration entre en contradiction avec le mariage civilo-militaire prôné par les autorités et ternit l’image de notre armée. Ces propos, qui n’avaient pas leur place, découragent toute collaboration », ajoute-t-il.
L’organisation déplore par ailleurs que l’autorité territoriale semble privilégier le volet économique aux opérations de sécurisation. « Des barrières sont érigées sur plusieurs routes de desserte agricole pour imposer des taxes, parfois illégales, aux passants. Des services tels que les FARDC ou l’ANR y sont déployés en violation de la loi », dénonce la CRDH.
Face à cette situation, l’organisation exige l’ouverture d’enquêtes. « On ne peut accepter que des vies soient fauchées là où tous ces services sont présents. Nous répondre que la zone était interdite est une fuite de responsabilité irrationnelle. Pourquoi a-t-il été nommé pour gérer cette entité ? », a conclu Munyanderu.
Depuis plusieurs années, le territoire d’Irumu demeure l’un des épicentres des violences terroristes dans l’est de la République Démocratique du Congo.
Azarias Mokonzi
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