En République démocratique du Congo, la Journée internationale du travail, célébrée chaque 1er mai, rappelle les combats historiques menés pour garantir des conditions professionnelles plus sûres, plus justes et plus humaines. Chômée et payée sur le territoire national, cette date offre également un moment de réflexion sur les progrès accomplis et les défis persistants dans le monde du travail.
Dans la stratégie de gouvernance portée par la Première ministre Judith Suminwa Tuluka, telle que traduite dans le Programme d’actions du Gouvernement 2024-2028, l’humain occupe une place centrale. Le travailleur y est considéré comme la principale richesse du pays, à la fois moteur du développement et bénéficiaire des retombées économiques.
Selon la Primature, dans cette logique, et en cohérence avec la vision du Chef de l’État Félix Antoine Tshisekedi, l’emploi et l’amélioration du pouvoir d’achat constituent des priorités structurantes de l’action publique.
Une politique axée sur l’emploi et la formation

Longtemps marqué par des données peu fiables et un décalage entre la formation et les besoins du marché, le secteur de l’emploi connaît aujourd’hui une dynamique de transformation.
Le Gouvernement met en œuvre plusieurs axes majeurs : renforcer la formation professionnelle adaptée aux réalités économiques, introduire l’esprit entrepreneurial dès le parcours scolaire, faciliter l’insertion des jeunes sur le marché du travail et promouvoir des mécanismes d’accompagnement vers l’auto-emploi. À cela s’ajoute la volonté de développer les métiers liés à la transition écologique.
Selon une enquête du ministère de l’Emploi et du Travail publiée en décembre dernier, plus de 1,8 million d’emplois auraient été générés entre 2022 et 2024. Des chiffres qui devraient être actualisés prochainement par une nouvelle étude.
Par ailleurs, l’obligation de validation des offres d’emploi par l’Office national de l’Emploi (ONEM) avant publication vise à renforcer la transparence des recrutements et à lutter contre les abus dans le secteur.
Le secteur privé reste également un partenaire clé dans cette dynamique, dans un contexte où l’amélioration progressive du climat des affaires attire davantage d’investisseurs.
Révision du SMIG : une mesure sociale structurante

Consacré par la Constitution en son article 36, le droit à un travail décent et à une rémunération équitable guide les réformes engagées dans le secteur.
Dans ce cadre, un nouveau décret signé par la Première ministre en mai 2025 a revu à la hausse le Salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG). Fixé auparavant à 7 075 FC par jour pour un manœuvre ordinaire, il est passé à 14 500 FC en 2025, avec une nouvelle étape prévue à 21 500 FC dès janvier 2026.
Cette revalorisation vise à améliorer les conditions de vie des travailleurs, renforcer leur pouvoir d’achat et soutenir la stabilité sociale. Toutefois, certaines entreprises du secteur privé plaident pour une application progressive, un point qui devrait être examiné dans le cadre du dialogue social au sein du Comité national du travail.
L’appréciation du franc congolais a également contribué à améliorer le revenu réel des travailleurs rémunérés en monnaie locale.
Le Gouvernement intensifie par ailleurs les efforts pour protéger l’emploi des Congolais. Le renforcement du contrôle du respect de la législation du travail et le déploiement accru des inspecteurs visent à limiter les irrégularités, notamment dans le recours à la main-d’œuvre étrangère.
La réglementation en vigueur interdit déjà l’occupation d’emplois réservés aux nationaux par des travailleurs étrangers, sous peine de sanctions administratives et judiciaires.
Réforme des retraites et modernisation de la fonction publique

La gestion des départs à la retraite dans l’administration publique, longtemps source de blocages, connaît également une réforme structurelle.
Avec la loi du 15 juillet 2022 instituant un nouveau régime de sécurité sociale pour les agents publics et la création d’une caisse dédiée, le processus de mise à la retraite s’accélère progressivement. L’âge légal est fixé à 65 ans ou à 35 ans de service.
Depuis 2022, plusieurs vagues de départs ont été enregistrées, et le processus devrait s’étendre dans les années à venir dans le cadre d’un plan visant à rajeunir et assainir la fonction publique.
Au-delà des réformes économiques et administratives, la vision défendue par les autorités met en avant une idée centrale : le travail décent comme fondement de la dignité humaine.
Dans cette perspective, apprend-on, le 1er mai n’est pas seulement une journée commémorative, mais aussi un rappel du devoir de chaque citoyen de contribuer, par son travail, à la construction et au développement du pays.
Rédaction
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