Les torchons brûlent au sein de l’Assemblée nationale. Ce jeudi 16 avril, le Bureau de la Chambre basse du Parlement n’a pas finalement convoqué les parlementaires en plénière afin d’accorder une issue à la motion de défiance visant le Vice-Premier Ministre, Ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani Lukoo, un dossier qui révèle notament les fractures de la scène politique actuelle.
Plusieurs analystes contactés par BETO.CD sont départagés entre irrégularités administratives et tensions sécuritaires notamment dans les provinces. Selon l’analyste politique, Jean-Christophe Madnje, l’offensive parlementaire, portée initialement par le député national Laddy Yangotikala, devrait effondrée avant même le débat en plénière. Pour lui, le Bureau de l’Assemblée nationale pourrait justifier ce rejet par des vices de forme rédhibitoires, notamment la présence de signatures falsifiées.
« La RDC de demain ne se construira ni sur l’imposture, ni sur le faux. En rejetant cette motion irrégulière, le Bureau de l’Assemblée nationale confirmera la stabilité des institutions et renforcera la position du VPM de l’Intérieur. La manœuvre politique a fait long feu, brisée par la rigueur de la procédure », a-t-il soutenu.
Dans les coulisses, plusieurs regroupements politiques, dont l’AFDC-A, ont officiellement désavoué l’usage des noms de leurs élus, dénonçant une manœuvre de « faux et usage de faux ». À leur tour, à la Tshopo, les analystes politiques César Koseke et Michel Butangizi, pensent que cette motion cachait un agenda de déstabilisation de l’exécutif national.
« Sanctionner la stabilité provinciale pour atteindre le Président de la République : tel était le pari risqué de cette motion. En s’attaquant à Jacquemain Shabani, on visait en réalité la cheville ouvrière de l’architecture sécuritaire du pays. C’est une guerre par procuration qui doit échouer sur l’autel de la rigueur républicaine », ont-ils soutenus.
Ils soulignent également que les griefs soulevés étaient fondés sur des litiges judiciaires déjà clos, rendant la démarche juridiquement caduque. Pendant que le dossier s’enlisait à Kinshasa, la tension s’est déplacée dans la province de la Tshopo, fief électoral de l’initiateur de la motion.
Ce jeudi matin, à Kisangani, un groupe de jeunes est descendu dans la rue pour exprimer son soutien à la démarche du député Laddy Yangotikala. Dans une déclaration publique lue à la place de la poste de Kisangani, ils ont dénoncé des menaces contre Laddy Yangotikala et l’ont rassuré leur soutien, estimant que la motion représentait une opportunité de redevabilité pour le patron de la Territoriale.
Toutefois, malgré cette pression populaire, le constat reste sans appel au Palais du Peuple. La motion serait déclarée « mort-née » vu la non convocation de la plénière spéciale dans les 48 heures conformément aux règles qui régissent l’Assemblée nationale. Pour certains partisans du VPM Shabani, ce dénouement offrirait au ministre une validation institutionnelle renforcée, marquant la fin d’une séquence de « chantage politique » qui aura duré plusieurs jours.
Serge SINDANI
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