Le ministre congolais du Commerce extérieur, Julien Paluku, a porté la vision économique de la RDC lors de la 3ᵉ édition de BIASHARA AFRICA, organisée du 18 au 20 mai 2026 à Lomé sous l’égide de Zone de libre-échange continentale africaine. Devant des participants venus de plusieurs pays africains, le ministre a défendu l’ambition de bâtir « une Afrique intégrée, prospère et souveraine », portée notamment par l’industrialisation et la transformation locale des ressources.
Dans son intervention, Julien Paluku a présenté la ZLECAf comme « une opportunité historique » pour les économies africaines. Selon lui, la RDC doit désormais rompre avec son statut traditionnel d’exportateur de matières premières brutes afin de devenir une véritable puissance industrielle.
« La ZLECAf n’est pas un simple traité. Nous devons impérativement passer du statut d’exportateur de matières premières à celui de puissance industrielle pour valoriser notre immense potentiel en ressources minières et en biodiversité », a déclaré le ministre.
Le membre du gouvernement dirigé par Judith Suminwa Tuluka a articulé cette vision autour de quatre axes stratégiques : l’industrialisation et la transformation locale, le développement des frontières et corridors économiques, l’amélioration de l’accès au financement des PME congolaises, ainsi que le renforcement de l’offre énergétique à travers le projet Grand Inga.
Le ministre a insisté sur la nécessité pour la RDC de tirer profit du marché continental estimé à 1,4 milliard de consommateurs afin de rentabiliser les investissements réalisés dans les Zones économiques spéciales (ZES).
« Le cobalt, le cuivre et nos produits agricoles ne doivent plus quitter le pays à l’état brut. La valeur ajoutée doit rester ici afin de créer des emplois durables », a-t-il souligné.
Julien Paluku a également évoqué la transformation des neuf frontières de la RDC en véritables pôles de croissance économique grâce à la digitalisation des échanges et à la suppression des tracasseries administratives.
« Nous accordons une attention particulière aux femmes et aux petits opérateurs informels, notamment à travers le Régime commercial simplifié (RECOS), afin de faciliter leur accès aux marchés formels », a-t-il expliqué.
Sur le plan énergétique, le ministre a réaffirmé les ambitions du gouvernement autour du développement de Grand Inga, présenté comme l’un des projets structurants du continent africain. Avec une capacité annoncée de 44.000 MW, ce barrage pourrait, selon lui, couvrir les besoins énergétiques de 300 à 600 millions d’Africains.
Le ministère du Commerce extérieur considère ce programme comme un tournant majeur vers « une économie de production », soutenue notamment par le déploiement d’infrastructures stratégiques telles que le Port de Banana, le Corridor de Lobito ou encore l’axe Kisangani-Kasindi.
Pour soutenir cette dynamique, la RDC entend mobiliser plusieurs mécanismes de financement internationaux, notamment les fonds de pension africains, le programme européen Global Gateway ainsi que divers investissements stratégiques.
Julien Paluku a affirmé que le véritable indicateur de réussite sera l’émergence, d’ici 2031, d’un entrepreneur congolais capable d’exporter facilement ses produits vers les grands marchés africains.
« Je vois un entrepreneur congolais exporter de Kinshasa vers Nairobi ou Accra avec une simplicité totale, des coûts logistiques réduits de moitié et la fierté de voir le label “Made in DRC” s’imposer sur le marché continental », a-t-il conclu.
La 3ᵉ édition de BIASHARA AFRICA s’est imposée comme une plateforme stratégique de dialogue et de coopération destinée à renforcer les échanges commerciaux et industriels à l’échelle du continent.
Albert Einstein M.
