Lors de la 74ᵉ réunion du Conseil des ministres tenue vendredi 9 janvier à Kinshasa, le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) a appelé les administrations financières à intensifier leurs efforts de mobilisation des recettes publiques.
L’objectif principal est d’assurer la soutenabilité du budget de l’État pour l’exercice 2026, a annoncé le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya.
Sous l’égide du vice-Premier ministre chargé du Budget, le gouvernement place au cœur de sa stratégie la progression de la pression fiscale, avec une projection portée à 12,5 % du Produit intérieur brut (PIB) en 2026. Selon les autorités, cette dynamique permettrait de dégager des recettes courantes avoisinant 13,4 milliards de dollars, tout en visant une pression fiscale moyenne de 17 % à l’horizon 2030, soit la moyenne des pays d’Afrique subsaharienne, avec des recettes estimées à près de 26 milliards de dollars américains.
Une enveloppe en hausse en 2026
La loi de finances 2026, promulguée le 29 décembre 2025 par le Président de la République après adoption par le Parlement, fixe le budget de l’État à 59 021 milliards de francs congolais (FC), en équilibre entre recettes et dépenses. Cette somme représente une progression d’environ 16 % par rapport au budget rectificatif 2025 (50 692 milliards FC) adopté par l’Assemblée nationale, illustrant l’ambition du gouvernement de renforcer sa capacité de financement des priorités nationales.
Le budget 2026 intègre les grandes priorités du programme d’action gouvernemental, notamment la sécurisation du pays, la stabilisation et la transformation structurelle de l’économie, ainsi que la continuité des politiques sociales, telles que la couverture santé universelle et la gratuité de l’enseignement primaire. Les autorités ont également souligné l’importance d’un strict respect des procédures d’exécution budgétaire.
Un autre axe fort annoncé est le lancement progressif de la déconcentration de l’ordonnancement, avec neuf ministères pilotes, une réforme censée renforcer la discipline budgétaire, la transparence et l’efficacité de la gestion des finances publiques.
Pour mieux apprécier l’enjeu du budget 2026, il est utile de rappeler les deux exercices précédents 2024 et 2025.
Le budget de l’exercice 2024 avait été voté par le Parlement à hauteur de 40 464 milliards de FC, soit une augmentation de près de 24,7 % par rapport à 2023. Ce budget équilibré en recettes et dépenses s’inscrivait dans une dynamique de croissance des crédits alloués aux secteurs prioritaires et à la modernisation de la gestion des finances publiques.
Présenté ensuite au Parlement, le projet de loi de finances pour 2025 a été évalué à 49 846,8 milliards de FC avant rectification, reflétant une hausse de 21,6 % par rapport à 2024. Ce texte, déclaré recevable par l’Assemblée nationale, visait à répondre aux défis structurels du pays, avec une importance particulière accordée aux investissements et aux politiques sectorielles.
En cours d’exécution, le budget 2025 a fait l’objet d’une révision à la baisse, ramené à 50 691,8 milliards de FC dans le cadre d’une loi rectificative, dans un contexte de pressions économiques et sécuritaires persistantes. La baisse de 1,7 % par rapport à l’enveloppe initiale illustre les contraintes auxquelles l’exécutif a dû faire face, notamment en matière de mobilisation de recettes fiscales et de dépenses de défense renforcées.
Une pression fiscale
La pression fiscale-indicateur clé mesurant le poids des impôts et des taxes dans l’économie-constitue un élément central de la stratégie gouvernementale. Après une remontée progressive observée ces dernières années, le ratio pression fiscale/PIB est attendu à 12,5 % en 2026. Cette ambition doit toutefois composer avec des réalités complexes, telles que la présence de zones difficiles d’accès où la collecte des recettes reste limitée et les défis sécuritaires qui impactent directement les administrations fiscales.
Les projections gouvernementales visent à rapprocher la RDC de la moyenne observée en Afrique subsaharienne (17 %), mais cela nécessitera des réformes profondes du système fiscal et douanier, ainsi qu’un renforcement des capacités de collecte et de lutte contre l’évasion.
Gilbert N.
En savoir plus sur BETO.CD
Subscribe to get the latest posts sent to your email.
